Adaptation au changement climatique et réduction des risques de catastrophe en Jamaïque

Adaptation au changement climatique et réduction des risques de catastrophe en Jamaïque

Duration
to
Status
Active programmes
Région
Caraïbes
Pays
Jamaïque
Pays impliqués
1
Total budget
4,13 M€
Sector(s)
GCCA priority area(s)
Video
Effets du changement climatique sur la région

La Jamaïque, comme de nombreux autres petits États insulaires en développement, est extrêmement vulnérable aux impacts du changement climatique. L'île est généralement sous la menace de conditions météorologiques tropicales extrêmes et est directement menacée par le changement climatique en raison de sa situation géographique. Des études récentes (2012) menées par le Groupe d’étude du climat de l’Université des Indes orientales à Mona, basées sur des modèles à échelle réduite dérivés de modèles climatiques globaux et régionaux, ont mis en évidence la variabilité croissante des paramètres climatiques, ainsi que des changements projetés dans les températures et le régime des précipitations. D’autres études prédisent un doublement de la fréquence des ouragans de catégorie 4 et 5 d’ici la fin du 21ème siècle, malgré une diminution de la fréquence totale des cyclones tropicaux (Bender et al, 2010). Les communautés côtières et montagnardes dont les moyens de subsistance sont sensibles au climat sont physiquement et économiquement vulnérables aux risques climatiques.

«C’est la connaissance, le fait de disposer d’informations exactes et pertinentes, qui nous aidera à faire face au défi gigantesque que représente le changement climatique. Je suis fermement convaincu que l’implication des parties prenantes fait partie intégrante de la bonne gouvernance. Des citoyens bien informés peuvent avoir une influence considérable sur les processus de prise de décision et contribuer au dialogue en vue du développement national.»
M. Robert Pickersgill, Ministre de l’eau, du territoire, de l’environnement et du changement climatique, à l’occasion du lancement d’une campagne de sensibilisation et d’éducation publique dans le cadre du projet de l’AMCC (source: Jamaica Information Service)

GCCA's action programme
Geographical scope
Country groups
Initial GCCA/GCCA+ contribution
4,130,000.00 €
Key achievements

Dans le cadre de la composante de réhabilitation des bassins versants:

  • Le reboisement de certaines unités de gestion de l'eau est bien avancé: 350 hectares, soit 87,5% de l’objectif (revu à la hausse) de 400 hectares, ont été replantés.
  • Quatre comités locaux de gestion forestière ont été créés, plus précisément à Dallas Castle et Constitution Hill (UGE de Hope River), à Westphalia (UGE de Yallahs River) et à Sawyers (UGE de Rio Bueno). Ces communautés participent également à des programmes de développement de moyens de subsistance alternatifs.
  • 110 000 ha de forêts publiques (soit 100% de l’objectif) ont été inventoriées, et une base de données géoréférencées est en cours de développement. L'inventaire et la description d'environ 2 666 ha de terres du domaine public ont également été soumis à la Division juridique et d'application de la loi du Département des forêts en vue du lancement du processus de classement.
  • Un partenariat a été conclu avec le Service de lutte contre les incendies des États-Unis (USFS). Une équipe de trois personnes de l'USFS a visité l'île et entrepris des travaux préliminaires en septembre 2012. Des projets de plans de gestion des incendies de forêt ont été élaborés et soumis à la revue et aux commentaires des parties concernées.
  • Afin d’assurer un suivi systématique des ressources forestières et de surveiller les changements induits par les variations climatiques, 21 parcelles permanentes d’échantillonnage ont été établies à Bellevue, Grand Ridge, à Moy Hall, à Blue Mountain Peak, à Grants Pen, St Thomas (dans une forêt de mangrove) et à Hyde Hall, Trelawany. Les données nécessaires ont été collectées et les mesures de référence établies dans toutes ces parcelles.
  • Des activités d’agroforesterie et de développement de moyens de subsistance durables ont commencé dans les UGE visées. 35 000 plants d’espèces forestières et 30 000 d’arbres fruitiers ont été distribués. Quatre parcelles de démonstration ont été établies, dont une à Westphalia, la communauté située à l’altitude la plus élevée en Jamaïque. 200 fermiers ont déjà reçu une formation aux bonnes pratiques agricoles.

Dans le cadre de la composante de restauration et de protection des écosystèmes côtiers:

  • Un travail de reconnaissance a été réalisé dans toutes les aires marines protégées ciblées par le projet (soit Montego Bay, Negril, Palisadoes/Port Royal, Portland Bight, Refuge Cay, Great Morass–St Thomas et Ocho Rios).
  • Trente enregistreurs de données mesurant la température de surface de la mer ont été acquis et mis en service dans les aires marines protégées d’Ocho Rios, Negril, Montego Bay et Portland Bight. Les données sont collectées à intervalles réguliers et transmises aux experts chargés du développement d’une base de données de suivi des écosystèmes côtiers.
  • Une étude de faisabilité relative au rétablissement de dunes de sable et de mangroves dans les zones côtières dégradées a été menée et approuvée par le Conseil d’administration de l’Agence nationale pour l’environnement et la planification.
  • Environ 5 ha de mangroves ont été replantées à Portland Bight.
  • Afin d’améliorer les chances de succès de travaux de restauration de la mangrove prévus à Refuge Cay, un système de retenue des déchets est en cours d’installation.
  • La réhabilitation de la pépinière d’espèces du littoral de Discovery Bay, St Ann est pratiquement terminée. Ce travail, entrepris en collaboration avec l’Université des Indes orientales, permettra à l’Agence nationale pour l’environnement et la planification de fournir des espèces de plantes spécifiques au littoral ainsi que des services dans le cadre des travaux de réhabilitation des écosystèmes.
  • Au total, 23 bouées d’amarrage ont été installées dans les aires marines protégées de Palisadoes/Port Royal, Negril et Montego Bay. L’installation de ces équipements permet de protéger les récifs coralliens et les herbiers marins en marquant les endroits où les bateaux peuvent jeter l’ancre sans causer de dégâts.
  • Malheureusement, 74 acres ou 3 000 m² d’herbiers marins qui avaient été plantés jusque fin septembre 2012 n’ont pas survécu à l’impact de l’ouragan Sandy. Une équipe technique spécialisée doit se réunir pour décider de la suite à donner à cet échec.
  • Des subsides ont été accordés à huit projets qui appuient le développement de moyens de subsistance alternatifs. Ils sont allés aux projets suivants :
    • Trois projets d’apiculture, d’agriculture biologique et d’écotourisme à Bluefields Bay, Westmoreland.
    • Deux projets d’apiculture et d’écotourisme/mise en valeur du patrimoine dans la zone protégée de Portland Bight.
    • Un projet portant sur le développement d’une pépinière de palmiers en vue de la séquestration de carbone, ainsi que la récolte de goémon blanc (une algue), à Negril.
    • Un projet d’apiculture à St Thomas.
    • Un projet d’écotourisme et d’ «édutourisme».

Dans le cadre de la composante institutionnelle:

  • Une campagne de sensibilisation au changement climatique a été menée dans 8 paroisses, à savoir Trelawny, St James, St Ann, St Thomas, Hanover, Clarendon, St Elizabeth et Westmoreland, ainsi que dans 14 écoles.
  • Un logiciel SIG a été acquis, et une base de données spatiales développée. Un mécanisme de partage des données spatiales a également été élaboré et est à présent opérationnel. Il est à la disposition des agents impliqués dans la planification, du secteur agricole, des cabinets juridiques et compagnies d’assurance, du secteur du tourisme, des sociétés d’ingénierie et de construction, et des agences de développement.
  • Une revue institutionnelle et des politiques est en cours. Des consultations régionales ont  notamment été organisées en octobre et novembre 2012 par le biais de 3 ateliers régionaux (à Kingston, Mandeville et Montego Bay). Des progrès importants ont été réalisés en vue de la finalisation d’un cadre politique et d’un plan d’action pour la lutte contre le changement climatique.
  • Un projet pilote d’évaluation des risques et de la vulnérabilité a commencé. Il porte plus particulièrement sur la zone de Negril. Des ateliers de sensibilisation et deux missions de cadrage ont eu lieu.
  • Un projet d’éducation publique est également en cours.
Main activities per result

Des bassins versants sont réhabilités grâce à des mesures de stabilisation des pentes telles que le reboisement des versants dénudés.

Pour atteindre cet objectif, des comités locaux de gestion forestière sont créés et/ou renforcés dans certaines unités de gestion de l'eau (UGE). Des activités de reboisement et d'agroforesterie sont entreprises dans certaines UGE. Une évaluation exhaustive de toutes les terres boisées publiques a été entreprise, et une base de données géoréférencée a été élaborée. De nouvelles zones ont été déclarées réserves forestières. En outre, un programme de gestion des incendies et des structures de protection des cours d'eau sont mis en place dans certaines zones. Des moyens de subsistance durables et des activités économiques constituant des alternatives aux actuelles pratiques non durables sont encouragés.

Cette composante est mise en œuvre par le Département des Forêts.

La résilience des écosystèmes côtiers à l'impact du changement climatique est améliorée grâce à la restauration et à la protection d'écosystèmes sélectionnés.

Un plan pour la gestion rationnelle de certaines zones marines protégées, avec trois zones d'activité délimitées avec précision, doit être adopté. Des améliorations seront apportées à la base de données pour permettre le suivi des changements au niveau des écosystèmes côtiers. Sur le plan pratique, des dunes de sable seront reformées, des mangroves replantées dans les régions côtières dégradées, et des prairies sous-marines restaurées ; ces activités ont démarré récemment. Des mesures et/ou structures de protection des côtes seront mises en place dans des zones sélectionnées. Un programme sera élaboré afin d’identifier et d'évaluer la faisabilité de moyens de subsistance alternatifs ; des subventions seront accordées pour développer ces moyens de subsistance.

Cette composante est mise en œuvre par l’Agence nationale pour l’environnement et la planification.

Les capacités institutionnelles et locales sont améliorées par le renforcement des compétences et la sensibilisation.

Pour parvenir à cet objectif, une revue des politiques et des institutions sera réalisée pour identifier les besoins de renforcement des capacités du secteur public et les interventions requises pour répondre aux besoins prioritaires. Une campagne de sensibilisation au changement climatique sera conçue et mise en œuvre, et un mécanisme de partage de données sera établi. Des projets pilotes seront entrepris en matière d'information du public et d'évaluation des risques et de la vulnérabilité. 

Cette composante est mise en œuvre par la Division de gestion de l’environnement et le Service météorologique de la Jamaïque.

Des informations supplémentaires sont disponibles sur le site du projet.

Challenges and leçons apprises (selection)
  • Pour assurer une bonne adhésion au projet, il est important d’impliquer les partenaires et les communautés concernées dès le début du projet.
  • Dans le cadre d’un projet mis en œuvre par des partenaires multiples, il est utile de dispenser une formation préparatoire et de désigner un point focal dans chacune des agences concernées. Les procédures et systèmes du projet doivent  également être formalisés et normalisés.
  • Le fait de travailler avec des agences dotées de compétences claires et de structures et systèmes de mise en œuvre facilite l’exécution du projet.
  • La durée du projet devrait être calculée en tenant compte du temps (généralement long) nécessaire pour les procédures de démarrage et d’appels d’offres.
  • Il faudrait recourir à des firmes spécialisées pour mettre en œuvre les activités dans les domaines tels que la communication et la sensibilisation, afin de laisser aux agences techniques la possibilité de se concentrer sur leur propre domaine de compétence.

D'autres informations sont disponibles sur la page Facebook du projet.

Way forward (selected)
  • Les diverses composantes du projet vont doubler les ressources affectées à la mise en œuvre du projet afin d'atteindre les objectifs fixés dans le délai imparti. La mobilisation de personnel supplémentaire pour le projet et l’acquisition d'autres ressources a commencé pour permettre de mener à bien les activités restantes.
  • Il a été proposé de rediriger des fonds des composantes qui sont lentes à dépenser vers celles qui doivent réaliser des dépenses à des périodes spécifiques (p. ex. la saison de plantation).
  • L’extension de la durée du programme de 8 mois est très utile, dans la mesure où elle va permettre d’assurer un suivi et de documenter les bonnes pratiques qui émergent de certaines des activités pilotes actuellement en cours.