Alliance globale contre le changement climatique Plus au Mali – Phase 2 (AGCC+-Mali 2).

Alliance globale contre le changement climatique Plus au Mali – Phase 2 (AGCC+-Mali 2).

Duration
to
Status
Active programmes
Région
Afrique
Pays
Mali
Pays impliqués
1
Total budget
6,00 M€
Sector(s)
GCCA priority area(s)
Effets du changement climatique sur la région

Le Mali est un pays vulnérable aux effets du changement climatique de par sa situation géographique (pays sahélien), l'extrême pauvreté d'une grande partie de sa population et une économie dominée par le secteur agricole tributaire des conditions climatiques aléatoires. 

Face à cette situation et afin de préserver ses ressources naturelles, le Gouvernement du Mali s’est doté d'une série de politiques et législations environnementales. On peut citer entre autre la Politique nationale de protection de l'environnement (1998), le cadre stratégique pour une économie verte (2011) ou encore les politiques et stratégies nationales sur le changement climatique (2014). Toutefois, l'insuffisance de vulgarisation et la faible efficacité des systèmes de suivi empêchent l'application de cette législation sur le terrain.

En 2010, le Mali a bénéficié d'un premier financement de l'AMCC afin de l'appuyer dans sa lutte contre les effets du changement climatique. L'«Alliance globale contre le changement climatique au Mali» (AGCC-Mali 1) a permis d'élaborer la Politique nationale sur le changement climatique, de contribuer au renforcement des capacités des cadres du Ministère en charge de l'environnement, de rendre opérationnel le Système d'information forestier, de réaliser l'inventaire forestier des régions sud du Mali et d'améliorer la couverture forestière par la mise en œuvre d'actions locales de boisement.

Dans la suite de l'AGCC-Mali 1, le programme contribuera à la gestion durable des ressources naturelles en réponse aux enjeux liés au changement climatique. Dans cette perspective, le programme visera particulièrement le secteur forestier en tant que secteur pouvant avoir un rôle important à la fois au niveau de l'adaptation et de l'atténuation au changement climatique. Dans ce cadre, le nouveau programme s'attellera i) à améliorer la communication et l'information dans le domaine du changement climatique et de la foresterie, ii) à renforcer la capacité opérationnelle de l'équipe en charge du Système d'information forestier (SIFOR), iii) à initier la mise en place d'un système national de suivi (système MNV – Mesure, Notification et Vérification) et iv) à améliorer la couverture forestière dans les communes d'intervention.

Ces résultats sont étroitement liés aux orientations du pays décrites dans la Contribution prévue déterminée au niveau nationale (CPDN) préparée pour la conférence mondiale sur le climat qui s'est tenue à Paris en décembre 2015 (COP 21).  

GCCA's action programme
Geographical scope
Country groups
Initial GCCA/GCCA+ contribution
6,000,000.00 €
Specific objectives

Renforcer les systèmes de gouvernance du secteur forestier et d'améliorer la couverture forestière au Mali dans les zones ciblées par l'action.

Main activities per result

La communication et l'information dans le domaine du changement climatique et de la foresterie sont améliorées.

Ce premier résultat concerne le renforcement du rôle et des capacités des organismes en charge du changement climatique et de la gestion forestière. Il s'agira  en particulier d'appuyer l’Agence de l'Environnement et du Développement durable (AEDD) et l'équipe en charge du Système d'information forestier (SIFOR).

Les premières activités viseront le renforcement du transfert des connaissances à tous les niveaux. Il s'agira entre autre de consolider les capacités de l'AEDD dans son rôle de coordinateur dans le domaine du changement climatique et dans son rôle de négociateur dans le cadre de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC). Cette consolidation se fera par la mise place d’une stratégie de communication visant les institutions nationales sectorielles mais aussi les communautés locales des zones ciblées par le programme. Elle inclura également un volet de capitalisation des actions mises en œuvre et un volet concernant la communication dans le cadre des négociations internationales. Une assistance technique afin d'appuyer l'AEDD sera mobilisée à cet effet. De plus, afin de faciliter le transfert de l'information du niveau national au niveau régional, le système de concertation mis en place dans le cadre l'AGCC1 qui rassemble les acteurs de terrains (ONG, collectivités territoriales, agents techniques déconcentrés) sera systématiquement mis en place dans les zones d'interventions des actions de terrain.

La seconde série d'activités aura pour but de renforcer les liens entre les systèmes d'informations existants  et d’intégrer les indicateurs forestiers et climatiques au niveau des différents documents sectoriels. Cette intégration permettra un meilleur suivi de la prise en compte des problématiques liées au changement climatique au niveau des politiques sectorielles, mais également au niveau des outils de planification locale. 

Et finalement, il est prévu d'effectuer une étude de faisabilité sur l’utilisation du mécanisme  REDD+ (Réduction des émissions due à la déforestation et à la dégradation des forêts) au niveau du Mali. Il s'agit d'un mécanisme de gouvernance des forêts internationalement reconnu et permettant d'avoir accès à des financements internationaux liés au marché du carbone. Les résultats de cette étude permettront au gouvernement de décider s'ils désirent aller de l'avant avec ce mécanisme et dans ce cas, certaines activités préparatoires pourront  être financées dans le cadre de l'AGCC2.

La capacité opérationnelle de l'équipe en charge du SIFOR est renforcée.

L'équipe en charge du SIFOR est considéré comme étant le service le plus à même de rassembler et de gérer les données forestières. Néanmoins, sa viabilité dépend des discussions en cours au sein du MEADD visant à clarifier son statut et donc son financement. Dans le cadre de cette action, le programme appuiera la réforme en cours notamment  par la mise à disposition d'expertise ponctuelle qui puisse aider le MEADD à prendre les décisions adéquates et l'équipe du SIFOR à s'organiser en fonction de son nouveau statut. 

De plus, il sera prévu de renforcer les capacités techniques et opérationnelles de l'équipe, que ce soit au niveau des ressources humaines ou des outils informatiques. Ce renforcement est considéré comme indispensable pour aider l'équipe à fournir les services attendus tel que le suivi des placettes permanentes mis en place lors des inventaires forestiers. 

Ces deux activités devront créer un environnement favorable, pour la mise en place d'un système de suivi du couvert forestier fiable et accessible aux différents acteurs agissant dans le domaine forestier.

De plus, des cycles de formation sur le suivi du couvert forestier pour les agents forestiers  et les ONG impliquées dans le résultat 4 du programme seront préparés et mis en œuvre afin de garantir un suivi efficace des actions de reverdissement. L'équipe en charge du SIFOR sera également l'organe en charge du suivi des activités mises en place dans le cadre du résultat 4.

Au niveau local, le SIFOR supervisera la réalisation d'au moins 30 inventaires forestiers communaux. De séances de sensibilisation sur les feux de brousse et l’utilisation du bois-énergie seront également prévues afin de sensibiliser au niveau communal toutes les parties prenantes aux effets des pratiques émettrices de gaz à effet de serre. 

Le système MNV (Mesure, Notification et Vérification) est initié 

Le système MNV est un pilier essentiel pour le suivi de la Contribution prévue déterminée au niveau national (CPDN) dans le cadre de la mise en œuvre du l'accord de Paris. Il se base sur la mesure de l'impact des activités liées au changement climatique, leur notification à la convention cadre des nations unies sur le changement climatique et la vérification indépendante des informations. Dans le cadre de ce programme, on se focalisera sur les premières étapes de sa mise en place, à savoir une définition des rôles, des formations et un début d'application spécifique au secteur forestier.

La couverture forestière dans les communes d'intervention est améliorée. 

Le 4ème résultat concernera des actions d'amélioration de la couverture forestière au niveau local. Sur base des résultats des inventaires forestiers, un ciblage des zones d’intervention se basant à la fois sur des critères de vulnérabilité au changement climatique et de pertinence écologique sera effectué.

Etant donné sa vulnérabilité au changement climatique, la bande sahélienne sera particulièrement ciblée, mais d'autres régions pourront également être sélectionnées en fonction des résultats de l'analyse préliminaire. Cette analyse sera faite par les agents du SIFOR sur base des données disponibles au sein de leur système de gestion de l'information forestière. Les résultats de cette analyse seront ensuite validés lors d'une mission de terrain impliquant les agents de la DNEF et associant les collectivités territoriales et les communautés locales.