Appui à l'adaptation et à l'atténuation du changement climatique aux Maldives

Appui à l'adaptation et à l'atténuation du changement climatique aux Maldives

Duration
to
Status
Active programmes
Région
Asie
Pays
Maldives
Pays impliqués
1
Total budget
3,80 M€
Sector(s)
GCCA priority area(s)
Effets du changement climatique sur la région

Les Maldives sont un archipel composé de 26 atolls de faible altitude dans l'océan Indien. Plus de 80% des îles qui forment les Maldives sont situées à moins d'un mètre au-dessus du niveau moyen de la mer. Le changement climatique est une réalité brutale pour les communautés des Maldives, qui subissent déjà des pénuries d'eau, des dégâts aux habitations et aux infrastructures, des pertes dans les cultures alimentaires en raison des intrusions d'eau salée, ainsi qu'une recrudescence des épidémies de maladies sensibles aux conditions climatiques comme la dengue ou le chikungunya. 

Les récifs coralliens sont également en situation de stress, notamment en raison de la hausse de la température de la surface de la mer; ceci est un sujet de préoccupation car l'économie des Maldives, en particulier la pêche et du tourisme, est fortement tributaire du bon fonctionnement et de la survie du système formé par ces récifs, qui forment en outre une défense naturelle pour le littoral. Le changement climatique n'est pas le seul responsable de ces problèmes mais il aggrave et exacerbe les vulnérabilités induites par les multiples pressions d'origine humaine, notamment l'absence de systèmes efficaces de gestion des déchets et des eaux usées, des pratiques de développement non durables comme l'extraction et le dragage de sable et le dynamitage des passes récifales, ou encore la conception et la construction d’infrastructures côtières sans tenir compte de la fragilité de l’environnement local. 

L'adaptation au changement climatique est une priorité pour le gouvernement des Maldives. Le premier Plan d'action national d'adaptation répertorie plusieurs axes d'intervention tels que les infrastructures critiques, le tourisme, la pêche, la santé, les ressources en eau, l’agriculture et la biodiversité des récifs coralliens. Dans ce contexte, l'AMCC contribue à un fonds fiduciaire multibailleurs contre le changement climatique qui été créé pour financer des initiatives d'adaptation et d’adoption de technologies sobres en carbone. Ces dernières doivent soutenir la sécurité énergétique et aider à réduire le coût des importations de carburants fossiles.

"Soutenir les zones humides et les récifs coralliens est une stratégie rentable d’adaptation au changement climatique, qui de plus génère des avantages  importants en termes d’atténuation des risques de catastrophe, de conservation des écosystèmes et de croissance économique."
Robyn Mudie, Haut Commissaire de l’Australie auprès des Maldives, lors de la cérémonie de lancement du Fonds fiduciaire de lutte contre le changement climatique des Maldives, le 19 septembre 2012

"L’indépendance vis-à-vis des carburants à haut contenu en carbone, s’il est atteinte par le biais d’améliorations de l’efficacité énergétique et l’utilisation de ressources énergétiques renouvelables disponibles sur place, présente des avantages collatéraux importants en matière de sécurité énergétique, puisqu’elle doit permettre d’éviter des importations de carburants fossiles qui coûtent chaque année 20% de leur PIB aux Maldives."
Dr Mariyam Shakeela, Ministre de l’environnement et de l’énergie, lors de la cérémonie de lancement du Fonds fiduciaire de lutte contre le changement climatique des Maldives, le 19 septembre 2012

GCCA's action programme
Geographical scope
Country groups
Initial GCCA/GCCA+ contribution
3,800,000.00 €
Specific objectives

Construire aux Maldives une économie et une société résilientes au climat grâce à l'adaptation au changement climatique et à la poursuite d’une trajectoire de développement neutre sur le plan des émissions de carbone.

Key achievements
  • Le fonds fiduciaire de lutte contre le changement climatique a été formellement lancé en septembre 2012.
  • Entre avril et décembre 2012, des accords de subvention ont été signés pour 3 projets, dont les activités ont démarré:
    • Le projet «Conservation des zones humides et surveillance du récif corallien pour l'adaptation au changement climatique», mis en œuvre à Fuvahmulah dans l’atoll de Gnaviyani, Hithadhoo dans l’atoll d’Addu ainsi que l’île d’Alif Alif Ukulhas dans l’atoll nord d’Ari. Ce projet doit bénéficier à 22 000 habitants, en aidant les gouvernements locaux à mettre en œuvre une stratégie claire en matière de gestion des zones humides, d’évacuation des eaux, d’écotourisme et de récolte des eaux de pluie au niveau des communautés. Il vise également à établir des partenariats avec certaines stations touristiques dans les atolls nord et sud de Male pour mettre en place une surveillance des récifs coralliens, mais également démontrer comment les données ainsi recueillies peuvent soutenir la hiérarchisation des priorités en ce qui concerne les zones de conservation. Cette composante du projet est particulièrement importante pour les Maldives, dont l’économie repose sur une biodiversité unique. Le tourisme et la pêche sont en effet à l’origine de 71% de l’emploi national, de 49% des revenus publics, de 62% de l’entrée de devises, de 98% des exportations et de 89% du PIB. La composante de récolte des eaux de pluie a démontré de bons résultats avec la communauté des Ulkhulas, qui dispose désormais d’eau à domicile.
    • Le projet «De l'énergie propre pour atténuer le changement climatique»,introduit des mécanismes innovants en matière d’énergie renouvelable dont pourront bénéficier les 7 000 habitants de l’île de Thinadhoo, dans l’atoll de Gaafu Dhallu par le biais de systèmes photovoltaïques raccordés au réseau. Le projet s'inscrit dans le Programme de valorisation à grande échelle des énergies renouvelables dans les pays à faible revenu (SREP) (programme de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement d'une valeur de 30 millions USD).  Ce projet est donc le premier projet pilote d'énergies renouvelables mené par le gouvernement dans le plan d'investissement pour la neutralité carbone.  Les installations solaires sont en cours de mise en place. Actuellement, 300kWc (kilowatts crête) ont été installés et sont opérationnels. Le parc photovoltaïque est passé de 200 à environ 500 - 600 kWc et le restant des installations devrait être opérationnel d'ici la fin du mois de septembre 2014. Ce projet a une fonction « pilote » importante, car il démontre une volonté d’attraction des fonds publics ou privés dans le secteur de l’énergie renouvelable, notamment par le biais du modèle promu par la Banque Mondiale et la Banque Asiatique de Développement qui vise à mobiliser environ 120 millions USD.
    • Le projet «Gestion des déchets solides dans l'atoll d'Ari», qui doit aider à gérer efficacement les déchets solides dans certaines îles et stations touristiques de l’atoll d’Ari. Le projet vise à remettre en service 5 centres de gestion des déchets (actuellement à l’arrêt) construits avec des fonds UE d’aide à la reconstruction post-tsunami. Il aidera notamment à renforcer les capacités des Conseils insulaires et des communautés en matière de gestion des déchets. Le compostage a commencé et des liaisons avec le marché du compost sont établies. La procédure d’acquisition d’une barge pour le transport des déchets non biodégradables est en cours.
    • Le projet de Fonds fiduciaire de lutte contre le changement climatique des Maldives a été mis en évidence lors d’un événement organisé en marge du Sommet sur le changement climatique de Doha (CdP18) le 7 décembre 2012. Les Maldives y étaient représentées par le Dr Mariyam Shakeela, Ministre de l’environnement, qui a également assisté à la CdP19 à Varsovie.
  • Le Fonds fiduciaire de lutte contre le changement climatique a été présenté à un événement organisé en marge de la 18ème Conférence des Parties (CdP) de Doha, le 7 décembre 2012. Les Maldives y étaient représentées par le Ministre de l'Environnement, Dr Mariyam Shakela, qui a également participé à la 19ème CdP à Varsovie.
Main activities per result

La capacité du gouvernement des Maldives et des autres parties prenantes nationales s’améliore au niveau de l’élaboration, de la formulation, de la mise en œuvre et de l’intégration des politiques et stratégies en matière de changement climatique.

Les activités du programme visent à développer les capacités techniques des ministères sectoriels, des autres autorités au niveau du gouvernement central et local, des organisations de la société civile et du secteur privé à participer au dialogue politique stratégique et aux événements internationaux sur le changement climatique et à réduire l'intensité en carbone du développement. Le renforcement des capacités devrait s'effectuer notamment par la participation à des projets de terrain.

La capacité d'adaptation des Maldives s’améliore par la gestion des risques liés au changement climatique.

Un projet intitulé «Conservation des zones humides et surveillance du récif corallien pour l'adaptation au changement climatique» bénéficie d'un appui, considérant que l'économie des Maldives est fortement tributaire du bon fonctionnement et de la survie des zones humides et de l’écosystème du récif corallien, qui subissent la pression des activités humaines mais aussi de la hausse de la température de la surface de la mer.

Des systèmes de gestion des déchets et de production d’énergie sobres en carbone se développent ou sont renforcés.

Les activités du programme visent à promouvoir l'adoption de technologies sobres en carbone dans les secteurs de la gestion des déchets, de l'eau et de l'assainissement, grâce à des régimes de financement innovants impliquant des partenariats public-privé conclus avec des complexes touristiques locaux. Une série de solutions pour le secteur de l'énergie devraient également être testées, notamment en matière de gestion de la demande, d'efficacité énergétique et d'utilisation des technologies d'énergie renouvelable. Ceci doit se concrétiser par l'apport de subsides à deux projets supplémentaires :

  • Le projet «De l'énergie propre pour atténuer le changement climatique» doit servir de modèle reproductible concernant l'intégration sûre et fiable des ressources énergétiques renouvelables dans le bouquet énergétique du pays et la promotion d'une utilisation rationnelle de l'énergie.
  • La subvention accordée au projet «Gestion des déchets solides dans l'atoll d'Ari» permet de soutenir le développement de partenariats public-privé en vue du transfert des déchets résiduels vers une centrale de traitement des déchets solides, ce qui contribuera à la conservation du milieu marin tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre liées au traitement inapproprié des déchets, en particulier ceux qui proviennent du secteur du tourisme.

Les partenariats public-privé sont encouragés dans la perspective d’un appui aux objectifs d’atténuation.

Les activités de terrain sont complétées par un soutien à la mise en place d'un environnement politique et réglementaire approprié, propice à l'exploitation de partenariats public-privé, en particulier avec le secteur du tourisme.

Les communautés des îles sont sensibilisées aux problèmes dus au changement climatique, et les enseignements tirés des actions pilotes et des actions de gestion des déchets solides sont diffusés.

Les activités de sensibilisation et de formation font partie des activités de terrain soutenues par le programme. Les activités pilotes ont été sélectionnées, entre autres, sur la base de leur reproductibilité potentielle. La mise en œuvre de ces activités permettra de tirer des enseignements, qui feront l’objet d’une diffusion.

Challenges and leçons apprises (selection)
  • La sélection des projets s'est avérée longue et parfois difficile. Il faut impérativement mener des consultations soutenues avec le gouvernement et toutes les parties prenantes, et obtenir leur engagement ; ceci est d'autant plus important si l’on tient compte du fait que ni les donateurs ni l'administrateur du projet ne sont physiquement présents aux Maldives.
  • L'insuffisance des capacités du secteur public, au niveau du gouvernement central et local, pourrait constituer une difficulté pour la mise en œuvre d’autres programmes en matière de changement climatique. Il est important d'intégrer un élément de renforcement des capacités dans les projets pour assurer leur durabilité.
Way forward (selected)

Les trois projets décrits ci-dessus peuvent être reproduits dans l’ensemble des îles et atolls des Maldives. L’Union européenne et le gouvernement des Maldives sont en train de préparer une proposition d’engagement de 4 millions € supplémentaires (sur base de fonds de l’UE provenant du programme national de coopération avec les Maldives) afin de porter les activités actuelles à une échelle supérieure dans les atolls Addu et Fuvamullah.