Renforcer les capacités et les connaissances nationales relatives aux actions résilientes au changement climatique en Éthiopie

Renforcer les capacités et les connaissances nationales relatives aux actions résilientes au changement climatique en Éthiopie

Duration
to
Status
Active programmes
Région
Afrique
Pays
Ethiopie
Pays impliqués
1
Total budget
8,00 M€
Sector(s)
GCCA priority area(s)
Effets du changement climatique sur la région

En Éthiopie, on observe déjà des changements dans les régimes de températures et de précipitations. À court et à moyen terme, ces évolutions pourraient gravement entraver la croissance économique du pays car le secteur agricole, le moteur de son développement économique, est extrêmement sensible au climat. 

Le changement climatique est un domaine de préoccupation récent en Éthiopie. Il constituera une question transversale dans le prochain Plan de croissance et de transformation (GTP). Le renforcement des capacités des institutions publiques, des entreprises privées et des acteurs non étatiques est donc crucial pour fournir les compétences essentielles dont les parties prenantes ont besoin pour assumer les rôles et missions de leurs institutions dans le processus d’intégration du changement climatique. 

L'aide de l'AMCC contribuera à la réalisation par l'Éthiopie de son objectif d'une « économie verte et résiliente au changement climatique » grâce au renforcement des capacités et à la promotion d'une gestion durable du territoire. L'Autorité de protection de l'environnement (EPA) a été désignée pour assurer la coordination de la politique en matière de changement climatique et faire de cette politique une partie intégrante des initiatives de développement. Dans ce contexte, les questions clés ont été identifiées, parmi lesquelles la nécessité d'une orientation stratégique et opérationnelle dont les actions sont concentrées sur des réponses spécifiques ; ainsi que la nécessité de s'occuper immédiatement et directement de la préservation ou de la restauration des écosystèmes qui fonctionnent mais risquent de se dégrader, ou de ceux qui doivent être réhabilités de toute urgence.

GCCA's action programme
Geographical scope
Country groups
Initial GCCA/GCCA+ contribution
8,000,000.00 €
Specific objectives

Renforcer la sensibilisation et les capacités des institutions gouvernementales ciblées, au niveau tant fédéral que régional, ainsi que de la population rurale dans son ensemble, quant à l'adaptation au changement climatique.

Key achievements
  • Toutes les régions concernées (soit initialement les régions d’Amhara, Oromia et Nations, Nationalités et Peuples du Sud) ont organisé des ateliers pour le lancement du projet au niveau régional et au niveau des woredas (districts). Des comités techniques et de pilotage de projet ont également été établis aux niveaux régional et des woredas.

  • Des réunions de sensibilisation ont été organisées pour les parties prenantes.

  • Les enquêtes auprès des ménages destinées à établir la situation de référence ont été finalisées, de même que l’identification et la cartographie des bassins versants. 

  • 47 pépinières ont été établies à travers les régions concernées pour produire de jeunes plants destinés à la protection et la conservation des ressources naturelles dans les bassins versants ciblés. 22,15 millions de jeunes plants d’arbres/arbustes ont été produits et plantés.

  • 46 groupes participatifs d’usagers de la forêt ont été appuyés pour la gestion de 3,552 hectares de zones dégradées. Un grand nombre d’ouvrages ont été financés: 381 km de terrasses agricoles, 42 923 tranchées, 498 520 mètres cubes de micro-bassins, 1 800 km de digues en terre et 688 km de diguettes en pierre ont été construits pour améliorer la conservation de l’eau et prévenir la dégradation des sols. Un total de 2 300 barrages de diversion ont été construits pour promouvoir l'irrigation à petite échelle.

  • Dans la région d’Amhara, 4 268 foyers économes en combustible ont été répartis parmi les bénéficiaires 

  • Du fourrage a été semé sur 1 054 hectares, et 2 915 fermier ont adopté des techniques d’entretien des étables, d’ensilage et de gestion des foins.

  • Le matériel nécessaire à l’exploitation de 888 ruches, y compris les ruches, l’équipement des apiculteurs et les extracteurs de miel, a été distribué pour promouvoir la production de miel sur les terres réhabilitées

  • 138 puits artisanaux et 47 bassins de collecte d'eau ont été construits à des fins d'approvisionnement communautaire en eau et d’irrigation de petits périmètres.

  • 37 496 plants d’arbres fruitiers (pommiers, manguiers, avocatiers) ont été fournis à des petits exploitants.

  • 706 agents du gouvernement, comprenant 133 femmes, ainsi que 7 015 fermiers, dont 1 439 femmes, ont bénéficié de formations notamment au sujet de technologies climatiques «intelligentes»; permettant ainsi de faire des économies d’énergie importantes (des technologies pouvant s'avérer utiles en termes d’adaptation, de réduction de la déforestation et de la dégradation des forêts et enfin de l’amélioration des moyens de subsistance).

  • Les agriculteurs testent à présent des combinaisons de pratiques agricoles telles que la culture en bandes, la plantation en lignes et la culture en couloirs. Ils utilisent en outre de nouvelles terrasses à flanc de coteau, des micro-bassins et des murets de terre recouverts de pierres.  Ces murets sont construits pour une meilleure évacuation de l’humidité, réduire l’érosion des sols et prévenir la dégradation des terres.

Main activities per result

Des activités liées au changement climatique sont testées avec succès sur le terrain dans les zones ciblées par le Programme de gestion durable du territoire.

Le Programme de gestion durable du territoire facilite l'enregistrement des terres et suit des approches basées sur les bassins versants pour réhabiliter les terres dégradées et améliorer les moyens de subsistance des agriculteurs. Les activités concernées comprendront la réhabilitation de bassins versants dégradés, le développement du potentiel des bassins versants réhabilités et la facilitation de l'accès aux possibilités de financement carbone pour les activités agricoles et de gestion forestière participative. Les autres activités prévues concernent la gestion des sols et des matières nutritives, le choix des cultures et l'optimisation des dates de plantation, l'utilisation rationnelle de l'eau pour l'adaptation au changement climatique, et l'amélioration de l'accès des agriculteurs à des opportunités commerciales et des infrastructures de stockage.

Challenges and leçons apprises (selection)
  • La volonté et les efforts du gouvernement au niveau de la conception du programme sont importants, mais il importe de prévoir suffisamment de temps pour les consultations lors du processus de formulation.

  • Le partage d’expérience entre les régions impliquées dans la mise en œuvre du projet, notamment par le biais de visites de terrain, est essentiel pour identifier les meilleures pratiques et maximiser les résultats du projet.

  • Des résultats ont été atteints notamment grâce aux facilitateurs communautaires à qui l’on a fait appel dans le cadre de l’exécution des activités de l’AMCC.

  • Bien que n'étant que dans sa seconde année de mise en oeuvre, le projet a déjà des impacts visibles en matière d'amélioration des pratiques agronomiques, grâce au semis en ligne et à l'utilisation de semences améliorées. Par ailleurs, l'utilisation de foyers économes en combustible a permis d'améliorer la santé de la santé de la population générale, en particulier celle des femmes et jeunes filles qui sont régulièrement exposées à la fumée dans des cuisines fermées. 

  • La notion d’actions « intelligentes » du point de vue climatique (climate-smart) devrait être mieux définie et inclure le «comment» de leur mise en oeuvre. Par exemple, l’utilisation de semences améliorées ne devrait-elle pas être complétée par des pratiques de culture et de gestino de l’eau pertinentes au niveau climatique?

Way forward (selected)

La coordination doit être renforcée aux niveaux fédéral, régional et des woredas afin d'accélérer la mise en œuvre des activités prévues dans le cadre de la composante de gestion durable du territoire.

La mise en œuvre d’une analyse de vulnérabilité est également prévue. Elle comprendrait une analyse de la situation pré-projet afin de déterminer les avancées de ce dernier.

Quotes

«Le projet donne des résultats incroyables. Nous assistons à une grande réussite dans la réduction de l’érosion des sols, l'augmentation de la biomasse disponible pour le bétail et la réduction du ravinement.»

Un membre du Comité du bassin versant du Yezat, dans une région montagneuse du centre de l'Éthiopie, commentant les résultats du projet de gestion durable du territoire sur lequel repose l'intervention appuyée par l'AMCC.