Les changements climatiques ne s’arrêtent pas aux frontières nationales. Le Bhoutan est le seul pays du monde à avoir une empreinte carbone négative, mais il subit tout de même les effets des changements climatiques, notamment des régimes météorologiques irréguliers et imprévisibles et des catastrophes naturelles telles que des inondations, des glissements de terrain et la disparition de lacs glaciaires.
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La variation des modèles de mousson et l’élévation des températures ont réduit la saison des pluies et allongé les périodes de sécheresse au Bhoutan — un désastre pour la population essentiellement rurale qui dépend de l’agriculture à la fois comme source de revenu et source de nourriture. Parallèlement, la demande d’eau dans les centres urbains augmente chaque année. En étroite collaboration avec le gouvernement et le Centre de recherche sur les ressources naturelles renouvelables, l’AMCC+ investit 4,4 millions d’euros dans un certain nombre de projets visant à aider les agriculteurs à mieux s’adapter et à être plus résilients aux changements climatiques et à leur impact.

 

« L’installation du système de distribution d’eau a été une bénédiction pour tout le village ; il est également source d’inspiration pour notre famille — et le sera aussi pour les générations futures — pour remédier au problème de la rareté de l’eau », explique Dechen Dorji, un agriculteur de Mongar, dans l’est du Bhoutan, en exhibant fièrement le nouveau système. « Quand j’étais enfant, l’approvisionnement en eau occupait quelqu’un de la famille à temps plein. Le nouveau système nous a formidablement aidés à bien irriguer nos champs et à remédier aux problèmes qui se posaient par le passé, par exemple les problèmes d’approvisionnement et les pertes d’eau à la source. »


 

Auparavant, les champs étaient irrigués par un vieux réseau de canaux ouverts qui n’était pas du tout efficace à cause des taux élevés d’évaporation et autres pertes. Mais tout a changé pour le riziculteur Rinchen Zangmo. « Dans le temps, il y avait toujours pénurie d’eau, mais la nouvelle pompe a réglé ce problème », explique-t-il. « J’ai reçu, dans le cadre d’un nouveau programme d’affectation des sols, de nouvelles parcelles dont le système d’irrigation permet de cultiver du riz. C’est la principale source de revenu et de nourriture de ma famille », ajoute-t-il.

Le manque d’eau n’est pas le seul défi que le Bhoutan doit relever à cause des changements climatiques. Dans ce pays montagneux et enclavé, près d’un tiers des terres arables sont à flanc de coteaux. L’érosion est un souci permanent : chaque année, l’eau charrie 29 tonnes de terres fertiles, ce qui aggrave les problèmes de sédiments dans les rivières qui traversent les vallées encaissées. Ailleurs, l’utilisation intensive d’engrais chimiques contribue aux émissions de gaz à effet de serre et polluent les ruisseaux de montagne.

 


L’AMCC+ appuie les efforts déployés pour promouvoir l’agriculture biologique afin de réduire les émissions toxiques et d’encourager la séquestration du carbone dans le sol pour améliorer la qualité des terres. « J’ai réussi à augmenter énormément ma production de légumes sans utiliser d’engrais importés », s’enorgueillit Arum Sangay, maraîcher dans le district de Pemagatshel, dans le sud du Bhoutan, non loin de la frontière avec l’Inde. « Grâce aux fonds de l’AMCC+, nous avons reçu un stock de semences, de nouvelles serres et des systèmes modernes d’irrigation. Comme je produis plus de légumes, mon exploitation est plus stable et les revenus de ma famille sont plus élevés », se félicite-t-il.

 

Il est communément admis que l’élevage contribue sensiblement aux émissions de gaz à effet de serre. Le Bhoutan assume ses responsabilités et réduit son empreinte écologique par un projet d’élevage « vert », qui prévoit entre autres la création de méthaniseurs et de digesteurs à biogaz. Les éleveurs ont également appris à cultiver du fourrage d’hiver et à mieux surveiller leurs pâtures.

 

« Nous avons un groupe de culture de fourrage depuis 2014. Cette initiative nous a aidés à remédier aux problèmes de qualité et de quantité qui nous préoccupaient depuis longtemps au sujet de l’alimentation de notre bétail », explique Pema Dorji, un membre du Groupe de production fourragère de Zhemgang.

 

Karma Sershong, de Mongar, explique que le projet a radicalement changé sa vie : « Le méthaniseur a réduit de moitié mon temps de travail quotidien, j’ai plus de temps à consacrer à d’autres activités et j’ai même une vie sociale ! C’est aussi la principale source d’énergie de ma famille. »

 

Le développement du Bhoutan est dans une grande mesure tributaire de secteurs sensibles au climat tels que l’agriculture, l’élevage, la foresterie et l’hydroélectricité. L’AMCC+ contribue aux projets locaux pour faire en sorte que le pays puisse prospérer tout en gardant son bilan carbone négatif.

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