Le changement climatique ne se manifeste pas toujours à grand bruit, par des événements extrêmes qui laissent dans leur sillage destructions massives et chaos. Ce phénomène est parfois très lent et silencieux au point qu’on puisse parler de calme avant la tempête. Par exemple à Pakokku, une ville située dans la partie aride du Myanmar. Le terrain est plat, il y fait très chaud et très sec et la zone est donc particulièrement vulnérable. Une situation encore aggravée par le changement climatique. Les habitants qui vivent le long de la rivière sont régulièrement victimes d’inondations, ce qui les oblige souvent à quitter leur maison pour se réfugier dans le monastère de la ville. Les zones situées plus à l’intérieur des terres sont confrontées à des pénuries d’eau chronique et les habitants ne peuvent plus compter sur l’agriculture traditionnelle, par exemple la culture du riz paddy, pour se procurer des moyens d’existence. 

 

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Agriculture traditionnelle – Confrontés à un manque d’eau devenu chronique, les habitants ont beaucoup de mal à conserver leurs moyens de subsistance traditionnels. En raison du changement climatique, qui se manifeste par une augmentation de la température et une saison des pluies plus courte, certains agriculteurs ne récoltent plus qu’une fois par an, au lieu de deux.

 

L'Alliance contre le changement climatique du Myanmar a réalisé une série d’études sur les vulnérabilités et selon les projections, les températures pourraient augmenter de 2,7 degrés d’ici 2050. Et pendant la saison sèche, il pourrait y avoir entre 4 et 17 jours de grosse chaleur, alors que la moyenne historique a été établie à une journée par mois.

 

Confrontés à la perte de leurs moyens de subsistance traditionnels, de nombreux habitants (surtout des hommes) ont dû émigrer en Thaïlande pour trouver un emploi dans des villes du pays voisin. Une situation qui aggrave encore la vulnérabilité de Pakokku qui se retrouve privée de main d’œuvre qualifiée. Les femmes, désormais souvent seules chefs de famille, n’ont ainsi plus aucune source de revenus ou de moyens de subsistance alternatifs.

 

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Plans d’évacuation – La communauté examine surtout comment organiser les évacuations lorsque les maisons sont menacées ou touchées par des inondations. Selon les projections et les modèles climatiques pour Pakokku, le phénomène des inondations devrait encore s’aggraver.

 

Dans le cadre des activités de soutien aux moyens de subsistance alternatifs à Pakokku, l'Alliance contre le changement climatique du Myanmar finance un projet de cours de couture pour les femmes qui ont perdu leur maison ou leurs récoltes suites aux inondations, ou qui sont touchées de plein fouet par les effets du changement climatique. Cette activité est organisée dans le cadre d’un plan de durabilité sociale qui aide les communautés à s’adapter pour avoir accès à de nouveaux moyens de subsistance. L’idée est que personne ne reste sur la touche.   

 

La saison des pluies dure de moins en moins longtemps et les crues soudaines se font plus intenses et plus fréquentes. Les habitants sont donc de plus en plus régulièrement amenés à reconstruire leurs maisons lorsqu'elles sont détruites par les inondations ou les pluies torrentielles et les tempêtes. La formation de menuisiers est un autre axe d’intervention soutenu par l’Alliance. Le développement des compétences et du savoir-faire est axé sur la construction de logements résistants au climat et aux catastrophes – à l’aide de matériaux traditionnels locaux ­– qui intègrent de nouvelles caractéristiques de conception telles que l’élévation du soubassement pour limiter les effets des inondations ou les toits à quatre pans qui résistent aux vents de tempête. Grâce à ces nouvelles caractéristiques, les maisons résistent mieux aux effets du changement climatique, comme des pluies de mousson plus intenses ou une saison sèche encore plus chaude.

 

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Reconstruction - La saison des pluies dure de moins en moins longtemps et les crues soudaines se font plus intenses et plus fréquentes. Les habitants sont donc de plus en plus régulièrement amenés à reconstruire leurs maisons lorsqu'elles sont détruites par les inondations ou les pluies torrentielles et les tempêtes.