Solutions naturelles pour les phénomènes météorologiques extrêmes

À Cuba, on estime que 119 communautés côtières seront exposées à un risque extrême à cause du changement climatique d’ici 2050 et que 21 d’entre elles devraient tout bonnement
disparaître d’ici 2100. Dans les scénarios les plus extrêmes de changement climatique et d’élévation du niveau de la mer, les inondations toucheraient jusqu’à 5 696 kilomètres carrés et plus de 1 million de personnes dans plus de 220 communautés. Le changement climatique expose la société et l’économie cubaines à de risques touchant de nombreux secteurs. Toutefois, ses effets sur les communautés côtières seront particulièrement dévastateurs pour les femmes, qui sont typiquement les premières à se déplacer pour s’assurer que leur famille vive dans de bonnes conditions.

L’archipel de Sabana-Camagüey, au centre de Cuba, a été particulièrement touché par le changement climatique qui a entraîné une augmentation de la fréquence des tempêtes tropicales et des ouragans à l’origine de glissements de terrain. Cet archipel, qui abrite le plus grand réseau de cayes de la grande Caraïbe, est particulièrement vulnérable à l’élévation prévue du niveau de la mer (plus de trois mètres) le long des côtes et est particulièrement exposé à une érosion côtière accrue. Il devrait essuyer quatre ouragans par an en moyenne selon les prévisions.

Pour contrer ces menaces, l’AMCC+ entend améliorer la résilience côtière grâce à des approches naturelles qui offriront des solutions durables pour atténuer le changement climatique et relever les défis d’adaptation. Le projet de l’AMCC+ à Cuba entend introduire une série de possibilités, défis et facteurs de réussite dans le cadre de solutions fondées sur la nature et présentera des exemples de bonnes pratiques.

Dans l’atténuation du changement climatique fondée sur la nature qui est proposée, les écosystèmes seront utilisés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, conserver et développer les puits de carbone. Les solutions fondées sur la nature consistent à utiliser ou à imiter des processus naturels pour renforcer l’adaptation au changement climatique et mieux atténuer les effets de ce phénomène.

Elles peuvent consister à préserver, à réhabiliter les ecosystèmes naturels ou à améliorer des processus naturels dans des écosystèmes sélectionnés. Elles peuvent être menées tant dans des microcosmes (immeubles) que dans des macrocosmes (écosystèmes, municipalités). Dans ces solutions, les écosystèmes et leurs services (exploitation durable des sols, conservation des forêts et reboisement) sont utilisés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et conserver et développer les puits de carbone.

L’adaptation au changement climatique fondée sur la nature consiste à préserver les services des écosystèmes qui sont indispensables à la résilience humaine au changement climatique. Elle vise également à réduire les effets négatifs prévus du changement climatique, par exemple des précipitations plus intenses et des inondations, des canicules et des sécheresses plus fréquentes.

Les deux approches seront adoptées dans le projet de l’AMCC+ qui vise à améliorer la résilience des écosystèmes et, ainsi, à stabiliser des services importants tels que la préservation des côtes et la protection contre les inondations. Ce projet porte aussi sur la fertilité des sols, la qualité de l’air, le stockage du carbone et la préservation des beaux paysages. Par rapport aux solutions technologiques, celles fondées sur la nature ont souvent le mérite d’être moins onéreuse, plus durable et d’avoir des effets multiples dans un éventail de domaines et d’objectifs politiques.

Le projet de l’AMCC+ à Cuba démontrera les avantages multiples et variés des solutions fondées sur la nature et permettra d’explorer des pistes dans des domaines tels que la planification et le financement de projets.