Soutenir la lutte contre le changement climatique dans les pays vulnérables

Le changement climatique est l'une des plus grandes menaces de notre époque. Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 (et ses objectifs de développement durable) et l'accord de Paris indiquent clairement que la lutte contre le changement climatique est une priorité clé mondiale.

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Farmers in Malawi study climate-smart agriculture

Le changement climatique représente une menace à la fois économique et environnementale. La recherche1 évalue à 18 000 milliards d'euros, d’ici à 2050, le coût d’une adaptation et d’une atténuation efficaces – un montant nettement inférieur au coût de l’inaction, évalué à 29 000 milliards2. Nous sous-estimons notamment les avantages de mesures vigoureuses de lutte contre le changement climatique et les avantages réels du développement à faible émission de carbone et résilient au climat en termes de création d'emplois, d'économies, de débouchés commerciaux et d'amélioration du bien-être des populations du monde entier, notamment en évitant 700 000 décès prématurés dus à la pollution atmosphérique3. Cette action pourrait générer au moins 22 000 milliards d'euros d'avantages économiques d'ici à 2030, par rapport au statu quo. En prenant des mesures maintenant, nous pourrions réduire de moitié l’impact macroéconomique du changement climatique d’ici à 20604. Outre les aspects économiques, la lutte contre le changement climatique est également essentielle pour réduire la pauvreté, prévenir les conflits et relever le défi de la migration.


La question du changement climatique ne peut être abordée qu'à l'échelle mondiale et constitue dès lors une priorité essentielle pour l'UE, non seulement à l'intérieur de ses propres frontières, mais également dans le cadre de sa coopération avec les pays partenaires. Le nouveau consensus européen sur le développement en tient parfaitement compte.


Dans l’actuel plan de dépenses budgétaires de l'UE - le cadre financier pluriannuel (CFP) -, l'UE s'est fixé comme objectif d’affecter 20 % de ses dépenses à des interventions en rapport avec le climat. L’examen de nos dépenses de coopération au développement montre que nous sommes sur la bonne voie : les dépenses en rapport avec le changement climatique sont passées de 10,3 % en 2014 à 25,5 % en 2017. Dans le contexte des négociations en cours sur le prochain CFP (2021-2027), il est clair que le changement climatique restera dans les années à venir une priorité essentielle pour l’UE.
Mais comment ces engagements et ces chiffres se traduisent-ils en actions concrètes ? C’est ici qu’intervient l’initiative phare de l’UE - l'Alliance mondiale contre le changement climatique+ (AMCC+) – qui fête cette année son 10e anniversaire. 

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The Chakma family in the Chittagong Hill Tracts, Bangladesh


L'AMCC a vu le jour en 2008. À l’époque, et c’est toujours le cas aujourd’hui, la priorité a été donnée aux pays les plus vulnérables, ceux qui sont les plus touchés par le changement climatique alors que leur empreinte carbone est la plus faible : les pays les moins avancés (PMA) et les petits États insulaires en développement (PEID). Le programme, limité initialement à quatre projets pilotes, finance aujourd'hui près de 70 actions de soutien dans plus de 60 pays, dont 37 PMA et 36 PEID en Afrique, en Asie, dans les Caraïbes et dans le Pacifique.


Légende photo : Des agriculteurs du Malawi sont formés à l’agriculture intelligente face au climat 
À la suite du succès de sa première phase, une deuxième phase a été lancée et l'AMCC a été renforcée pour tenir compte de l’accord de Paris. La première phase de l'AMCC (2007-2013) avait été financée à hauteur de 285 millions d’euros et la deuxième phase (2014-2020) bénéficie quant à elle d’une enveloppe totale de 465 millions d’euros, toujours grâce au financement de l’Union européenne. L'initiative a contribué à la mise en œuvre de plus de 50 stratégies nationales de lutte contre le changement climatique, de 26 stratégies et programmes liés à la CCNUCC et de 20 campagnes de sensibilisation dans plus de 50 pays. En outre, les interventions de l'AMCC + ont également contribué à la restauration de « forêts de protection » dans huit pays (Bangladesh, Bénin, Caraïbes orientales, Maurice, Suriname, Gambie, Cap-Vert, Mozambique); à la mise en place de systèmes d'alerte précoce pour les risques naturels liés au climat dans cinq pays (Bangladesh, Bénin, Lesotho, Éthiopie, Cap-Vert) et dans la région du Pacifique; à la promotion et à la diffusion de fourneaux de cuisine améliorés et non-polluants dans sept pays (Djibouti, Guinée Bissau, Lesotho, Sierra Leone, Tanzanie, Togo et Ouganda); et à un meilleur accès au financement du changement climatique dans 20 pays.

Légende photo : La famille Chakma dans les Chittagong Hill Tracts, au Bengladesh
Cependant, l’on perd souvent de vue que derrière ces faits et ces chiffres, il y a des hommes et des femmes. L'AMCC+ aide les pays en développement à mettre en œuvre leurs stratégies d'adaptation et d'atténuation (y compris leurs contributions déterminées au niveau national en vertu de l'accord de Paris des Nations Unies) conformément à leurs objectifs de développement. Elle aide également les pays à intégrer le changement climatique dans leurs efforts de réduction de la pauvreté et à renforcer leur résilience aux stress et chocs liés au climat, tout en dégageant des avantages socio-économiques. Plus concrètement, elle encourage les projets et programmes nationaux, régionaux et internationaux qui aident les agriculteurs, les communautés de pêcheurs, les petites entreprises et autres acteurs concernés à développer leur résilience au changement climatique et à réduire leurs émissions de carbone. Les initiatives vont de la création d'un filet de sécurité sociale pour les agriculteurs éthiopiens touchés par la sécheresse à la restauration des forêts riveraines traditionnelles au Bénin en passant par la protection des plages touristiques mondialement connues des Seychelles, la replantation de mangroves de Guyana, la fourniture de pompes à eau solaires au Sahel et les systèmes d'irrigation au Timor-Oriental. Dans ce bulletin d’information, vous découvrirez des récits de terrain sur les activités de l’AMCC au Bénin, au Liberia et en Tanzanie. Et dans quelques mois , les initiatives de l'AMCC+ seront en point de mire lors d’un événement parallèle organisé dans le cadre de la COP24, à Katowice, en Pologne.

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Participants in a capacity-building programme, Timor-Leste

Légende photo : Des participants d’un programme de renforcement des capacités, Timor-Oriental
L'UE joue un rôle de premier plan et l'AMCC+ démontre qu’une utilisation judicieuse des fonds peut aboutir à des résultats positifs, en particulier pour les pays et populations les plus vulnérables. À la veille de la COP24 à Katowice, nous réaffirmons notre engagement à collaborer avec tous nos partenaires afin de stimuler le développement économique en finançant la lutte contre le changement climatique, à renforcer la résilience et à réduire les émissions afin d'atteindre les objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et de l’accord de Paris. 
J'espère que vous trouverez cette publication intéressante et vous en souhaite une bonne lecture ! 
 
Marjeta Jager
Directrice générale adjointe 
Direction générale de la coopération internationale et du développement
Commission européenne

1 Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)

2 http://www.undp.org/content/undp/en/home/librarypage/climate-and-disaster-resilience-/pursuing-the-1-5c-limit---benefits-and-opportunities.html

3 Commission mondiale sur l’économie et le climat – Climate Economy report 2018

4 http://www.oecd.org/fr/env/les-consequences-economiques-du-changement-climatique-9789264261082-fr.htm