Promotion de systèmes agroforestiers intensifs en appui à la mise en œuvre de la stratégie nationale de Réduction des Emissions de gaz à effet de serres, liées à la Déforestation et à la Dégradation des forêts (REDD+) – Cote d’ivoire

At a glance

Ce projet agroforestier s’inscrit dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques à travers la réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation des forêts ainsi que la gestion durable des forêts en Côte d’Ivoire. L'action proposée consiste essentiellement à installer et planter de larges surfaces villageoises avec des arbres à croissance rapide (8 à 10 ans), à but de bois énergie, en association avec des cultures vivrières. En complément des plantations, il s’agira de mettre en place un système d'évaluation de la quantité de carbone stockée dans les périmètres sylvicoles créés ou existants et d'accompagner la mise en place d’un système pilote MNV localisé (Mesure, Notification Vérification) tout en contribuant au suivi des Contributions Nationales Déterminées (CDN) de la Cote d'ivoire. L’action se concentrera dans la région du quart Nord Est du pays. Les activités permettront : (i) l’implantation d’activités agroforestières dans des zones de cultures vivrières, visant la restauration des terres dégradées, la protection des cultures, l’amélioration de la productivité de la production alimentaire et non alimentaire (bois et autres produits forestiers non ligneux) et l'augmentation des revenus des communautés,(ii) l'évaluation de la quantité de carbone stockée dans les forêts et la mise à disposition des communautés d’un système de suivi pour adapter la planification des activités par rapport aux tendances climatiques (iii) le développement d’outils de sensibilisation et de diffusion des bonnes pratiques pour le climat et le développement durable à travers des radios communautaires .

Duration
2020-01-01 to 2024-12-31
Status
Active programmes
Pays
Côte d'Ivoire
Total budget
10,20 M€
Countries

La Côte d'Ivoire est un pays d'Afrique occidentale de 322 463 km² limité à l'ouest par le Libéria et la Guinée, au nord par le Mali et le Burkina Faso et à l'est par le Ghana.  Ce pays  se répartit sur deux grandes régions géographiques : une zone forestière au sud (48,2% de la superficie) et une zone de savanes au nord (51,8% de la superficie).

La population du pays est passée à 22,7 millions en 2014 (RGPH, 2014), avec un taux d’accroissement annuel moyen de 2,6% en 2014 (contre 3,8% en 1975). Cette croissance démographique rapide résulte d'un accroissement naturel élevé et d'une forte immigration en provenance des pays voisins (24% de la population est non-ivoirienne). Cette dynamique démographique a entraîné une pression croissante sur les ressources naturelles du pays, notamment dans la zone forestière. 

La récente crise politico-militaire (2002-2011) a entraîné un impact économique et social très élevé pour le pays. Le taux de pauvreté était estimé à 46% en 2015 (INS 2015), classant le pays au 172ième rang (sur 188) de l’Indice de Développement Humain (IDH) de 2015.

Cette situation socio-politique a également fragilisé sérieusement les services écosystémiques et environnementaux. En effet, la déforestation importante et continue, causée principalement par la transformation des forêts en terres agricoles s’est considérablement accrue dans cette période (PNUE, 2015). 

Depuis 2012, la Côte d’Ivoire a amorcé un nouvel élan économique, avec un taux de croissance à 8,3% en 2014. Le secteur agricole est le principal moteur de la croissance économique dans le pays : il emploie plus des deux tiers de la population active et produit environ 28% de son PIB et plus de 50% de ses recettes d'exportation. La Côte d'Ivoire est le plus grand producteur et exportateur mondial de cacao, qui constitue environ un tiers de l'ensemble des exportations. L’agriculture vivrière subit une forte concurrence des cultures de rente comme l’anacarde, l’hévéa, le palmier, le café, le cacao, et le coton. L’agriculture vivrière demeure largement itinérante en Côte d’Ivoire. Il n’est pas rare que les femmes, qui sont principalement responsables des productions vivrières, parcourent plusieurs kilomètres à pieds pour se rendre sur leur site de production alors que des terres villageoises restent disponibles et non utilisées, même dans la partie Sud du pays, car souvent épuisées ou de trop faible qualité.

Par ailleurs, l'analyse de la consommation d'énergie en Côte d'Ivoire révèle que la biomasse représente 73% de la consommation totale d'énergie domestique. Environ 87% des ménages utilisent du bois de chauffe ou du charbon de bois à raison de 2 kg de charbon de bois ou de 4,6 kg de bois de feu par jour (Ministère en charge de l’Environnement, 1997).

Malgré un programme de subvention du gaz par le Gouvernement ivoirien, la diffusion de l’utilisation du gaz est très lourde sur le budget de l’Etat et d’une efficacité très relative.

Le bois représenterait par conséquent un prélèvement annuel important de l'ordre de 9,7 à 15 millions de tonnes équivalent bois (TEB) (Koné, 1992 ; Ouattara, 2008) montrant que l'exploitation des ressources forestières pour des besoins de cuisson représente une cause non négligeable et par conséquent un facteur direct de dégradation des forêts (CIRES, 2009 ; SEP-REDD+ CI, 2017). 

L'ensemble de ces phénomènes a conduit à un taux de déforestation annuel de la forêt ivoirienne de l'ordre de 5,2% qui demeure le plus élevé de l'Afrique Subsaharienne. (CIRES, 2009), ce qui correspond à des émissions gaz à effet de serre (GES) de 31 178 T eq. CO2 en 2014 (BUR1, 2017). 

Cette déforestation spectaculaire contribue à perturber le régime des pluies, limite la productivité agricole, et crée ainsi un cercle vicieux préoccupant pour l’avenir du secteur agricole que les changements climatiques ne feront qu’aggraver (SEP-REDD+ CI, 2017).

Conscient des enjeux environnementaux au niveau national, le Gouvernement de la Côte d'Ivoire à travers le Ministère en charge de l’Environnement (MINSEDD) s’est engagé dans un vaste programme d’amélioration de la gouvernance environnementale et climatique. 

Afin d'atteindre les résultats de ce programme, le Gouvernement, à travers le Ministère en charge de l’Environnement (MINSEDD) et plus précisément sa Direction en charge de la Lutte Contre les Changements Climatiques (DLCC), a exprimé son  intérêt à bénéficier du soutien de l'Alliance Mondiale contre le Changement Climatique (AMCC+).

Cette présente action de lutte contre les changements climatiques par la promotion de systèmes agroforestiers intensifs s'inscrit plus spécifiquement dans le second pilier de l’AMCC+ traitant d'appui technique et financier pour les pays et régions en développement les plus vulnérables au changement climatique.

GCCA's action programme
Geographical scope
Country groups
Initial GCCA/GCCA+ contribution
8,500,000.00 €

Objectifs spécifiques

Objectif spécifique : Le stockage du carbone, la restauration des sols, l'augmentation des revenus des communautés  et la sécurité alimentaire sont effectifs dans la zone du projet.  




Produits

P1 : Des périmètres agroforestiers intégrant l’arbre à croissance rapide dans les cultures vivrières sont  créés/ développés et les communautés formées;

P2: Le système de veille et de gouvernance climatique est renforcé au niveau local et national   

P3:Les communautés ciblées sont sensibilisées et promeuvent l’agroforesterie
 




Activités

Composante 1
P1 : Des périmètres agroforestiers intégrant l’arbre à croissance rapide dans les cultures vivrières sont  créés/ développés et les communautés formées
A1.Délimitation participative avec les communautés des sites d’implantation d’activités agroforestières ; 
A2.Mise en place participative de périmètres agroforestiers adaptés sur  les sites identifiés ;
Chaque site aura sa spécificité en termes d’usages des communautés, de la situation foncière et de l’état des écosystèmes.
A3.Formation des groupements de femmes à l'agroforesterie intensive, l’entreprenariat, la gestion financière et l’accès aux micro-financements et aux microcrédits ;
L’agriculture vivrière est en grande partie pratiquée par les femmes. La constitution de groupements de femmes agroforestières permettra des formations diverses de renforcement de capacités. Quelques volontaires pourront être sélectionnées et accompagnées dans leurs démarches d’accès au micro-crédit ce qui contribuera à l’autonomisation économique de ces femmes.
A.4. Structuration et encadrement des filières génératrices de revenus afin de garantir leur durabilité
Cette activité vise à favoriser l’accès au marché des produits issus de l’agroforesterie. Elle permettra la diversification des sources de revenus pour mieux faire face aux chocs économiques liés à la variabilité climatique. Ceci pourra se faire par exemple par la constitution de petits groupements d’intérêt économiques en vue de l’organisation des filières (production, transformation et distribution) ; le développement d’une production villageoise de bois énergie (accompagnée d’un appui au développement d’une filière efficace de production et commercialisation de charbon de bois) et d’amélioration des rendements de la carbonisation  dans la logique des « forêts utiles » promues par la politique forestière. Aussi, une analyse économique d’un modèle d’agroforesterie en association bois énergie/vivrier  pour le petit producteur serait utile, pour étudier et s’assurer de l’attractivité économique de modèles (selon les régions visées) permettant davantage de diversification. 
A5.Appui aux producteurs dans la démarche d’acquisition de certificats fonciers ;
Les difficultés d’accès au certificat foncier liées aux coûts et aux tracasseries administratives représentent un frein à l’investissement dans des activités à long termes, notamment dans les zones rurales. Ce programme contribuera à la sécurisation foncière des parcelles agroforestières et ainsi permettra la stabilisation des activités et la durabilité de l’action.

 
Composante 2
P2: . Le système de veille et de gouvernance climatique est renforcé au niveau local et national 
Des  systèmes de suivi au niveau MNV et CDN sont opérationnels permettant entre autres  l'évaluation de la quantité de carbone stockée dans les périmètres agroforestiers crées  et le suivi des engagements du pays fait à la COP21 (CDN).
A1. Appui au développement d’un système pilote MNV localisé (Mesure, Notification Vérification) ;
Des formations sur les systèmes MNV seront organisées à l’attention de l’administration centrale ainsi qu’aux parties prenantes. Un système pilote MNV sera développé sur un site. Cette activité servira de test de MNV communautaire à capitaliser dans le futur MNV national. Les pilotes MNV localisés contribueront à la construction des outils de veille et de gouvernance climatique nationale. L’évaluation de l’évolution du stockage de carbone sera effectuée avant le début de mise en Å“uvre du projet, pendant le projet, et éventuellement post projet.
A2. Système de suivi des CDN est en place
Au niveau national, un système de suivi de la réalisation des Contributions Nationales Déterminées sera mis en place avec le partenariat de l’administration en charge. La complémentarité avec d’autres actions d’autres partenaires visant la mise en place d’un suivi des CDN sera assurée. Des rapports annuels seront produits et diffusés.
A.3. Un suivi local permet de lier les engagements climatiques aux conditions locales 
Un outil de suivi local permettra d’intégrer des données en continu en couplant les informations perçues ou relevées par les communautés et les données scientifiques afin de développer des bonnes pratiques localement. L’analyse comparative permettra d’affiner les données utilisées antérieurement et de développer des indicateurs spécifiques à moyen et long terme.

Composante 3
P3:Les communautés ciblées sont sensibilisées et promeuvent l’agroforesterie 
A1. Sensibilisation des communautés villageoises à l'intérêt de l'agroforesterie
Ces sensibilisations aborderont les modalités incitatives pour mobiliser les communautés à s’approprier les propositions du projet
A2. Développement de programmes communautaires radiodiffusés sur la réduction de la dégradation des forêts à travers l’agroforesterie ;
Appui à la diffusion de programmes « climat-développement durable » et au  développement de programmes thématiques radiodiffusés ;
A3.Création d’une plateforme WEB reliée au site du Ministère de l’Environnement et édition d’un bulletin annuel AMCC+ Côte d’Ivoire ;
Ces produits permettront l’appropriation du programme par le Ministère, son exploitation et sa valorisation.