Atténuation – Une nouvelle étape pour l’appui de l’AMCC+ à ses pays cibles

 

En 2007, lors de la création de l'Alliance mondiale contre le changement climatique (AMCC), le contexte de la lutte contre le changement climatique et de l’appui à cette action était bien différent d’aujourd’hui. En novembre 2007, 38 pays industrialisés mettaient la dernière main aux mesures d’atténuation et de réduction des émissions pour la première période de référence du protocole de Kyoto qui allait débuter le 1er janvier 2008. Ce mois-là, les 192 Parties à la CCNUCC réunies à Bali ont adopté le Plan d'action de Bali qui établit une feuille de route multilatérale en vue d'un nouvel accord mondial fondé sur cinq piliers : une vision partagée de la coopération à long terme, l'adaptation, l'atténuation, les technologies et le financement. 

Lancée en 2008 avec seulement quatre projets pilotes, l’AMCC est devenue l'une des principales initiatives climatiques de l'UE de portée internationale. Entre 2007 et 2014, 317,5 millions d'euros ont ainsi été affectés aux mesures d'adaptation, de résilience et de réduction des risques de catastrophe dans les pays les plus pauvres et les plus vulnérables d’Afrique, d’Asie, des Caraïbes et du Pacifique. L’AMCC synthétise à de nombreux égards l’esprit du Plan d’action de Bali. Elle exprime en effet l’engagement de l’Union européenne à soutenir l'action climatique dans les pays en développement, notamment en augmentant le financement alloué à la lutte contre le changement climatique dans les pays qui en avaient le plus besoin, tout en mettant l’accent sur l'adaptation et les capacités techniques. L’Alliance exprime d’autre part l’engagement de l’UE à créer une « coalition des volontés ».

Mitigation

 

Entre 2007 et 2015, la Conférence des Parties à la CCNUCC – élargie entre-temps à 196 pays – a progressivement tracé les contours d’une action climatique mondiale, laquelle allait être adoptée à Paris, en décembre 2015, par 195 Parties. Cet ambitieux accord de Paris, dont l’objectif principal est de limiter à 1,5°C l’augmentation de la température, reconnaissait surtout qu’en raison de l’accélération de l’industrialisation les 36 pays développés signataires du Protocole de Kyoto représentaient en 2014 moins de 16% du total des émissions mondiales de GES et n’étaient plus en mesure de livrer seuls, une lutte efficace contre le changement climatique. Une action à l’échelle planétaire s’impose donc absolument.

Contrairement aux objectifs du protocole de Kyoto, fixés selon un processus descendant, l’accord de Paris introduit un nouveau système, placé sous le contrôle des pays, celui des contributions déterminées au niveau national (CDN). Les CDN se veulent être un outil permettant aux différents pays Parties à la CCNUCC de présenter leurs contributions volontaires aux efforts mondiaux d’atténuation du changement climatique. Au fil du temps, celles-ci seraient progressivement soumises à des règles de transparence et de redevabilité, à un processus d’examen ainsi qu’à un calendrier (ou mécanisme de « cliquet » de Paris), l’objectif étant d’élever constamment l’ambition des pays. De nombreux pays en développement ont intégré des mesures d’adaptation et défini leurs besoins de financement et les CDN sont ainsi devenues un outil puissant pour la planification et la mise en œuvre de l’action climatique.

À l’issue de l’examen de sa première phase de mise en œuvre en 2014, l’AMCC a vu le lancement de l’AMCC+ en 2015, incluant d’importants ajustements pour s’aligner sur l’objectif d’une action climatique à l’échelle mondiale. Devenue une initiative phare, l’AMCC+ a étendu géographiquement son champ d’action et son appui aux mesures d’atténuation. Une réorientation stratégique d’autant plus prometteuse qu’elle mobilise l’action de l’Alliance autour d’éléments clés des Objectifs de développement durable de l’ONU qui visent à accélérer le développement tout en abandonnant les technologies traditionnelles à fortes émissions de carbone.

Au moment où nous écrivons ces lignes, l’appui de l’AMCC+ a déjà été étendu pour intégrer des mesures d'atténuation dans les secteurs de l'énergie, de l'industrie, de la gestion des déchets et de l'agriculture. D'ici décembre 2020, l'AMCC+ aura financé environ 90 programmes, pour un montant total de 750 millions d'euros, ce qui en fait l’une des principales sources de financement climatique après le financement multilatéral et bilatéral.

Ce numéro de « La Revue » présente le nouveau référentiel des ressources pour l’adaptation et l’atténuation, qui inclut les méthodologies du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) ainsi que des explications techniques et des études de cas destinées aux praticiens. Ce référentiel se veut être une boîte à outils évolutive, qui sera mise à jour au moins une fois par an. Lors de la 25e Conférence des Parties, qui se tiendra à Madrid sous présidence chilienne, nous partagerons quelques-unes de nos activités et résultats engrangés dans le secteur de la gestion des déchets en Afrique, en soulignant que ce type d’intervention permet aux pays de livrer bataille sur deux fronts : celui de l’atténuation et de la santé publique, avec à la clé des progrès considérables dans ce domaine. C'est aussi un secteur « mûr » pour des investissements privés, et donc susceptible d’intéresser un nouveau groupe d’acteurs nationaux et internationaux.

Comme c’est le cas pour tout appui au titre de l'AMCC+, nous invitons les gouvernements à prendre contact avec la délégation de l'UE de leur pays afin de solliciter une aide financière pour mettre en œuvre des actions au titre de leurs CDN. L'UE et l'AMCC+ s'engagent à mener une action climatique qui ne laisse aucun pays sur la touche.

LIEN:

Revue AMCC+ sur les Questions Climatiques