Cultiver des oignons dans le sable à Maurice

 

Belle Mare est un petit village situé sur la côte est de l’île Maurice. Ses habitants sont en majorité des petits agriculteurs, très vulnérables aux nuisibles et aux maladies, fréquents dans la région en raison de conditions climatiques propices (températures élevées et humidité). Mais ils sont aussi confrontés à des phénomènes météorologiques extrêmes, tels que des sécheresses et des précipitations très intenses.

C’est justement dans cette région qu’un projet financé par l’UE combine des connaissances scientifiques provenant de l’Université de Maurice avec des solutions naturelles. Les agriculteurs côtiers ont l’habitude d’utiliser de grandes quantités de substances agrochimiques, d’engrais et de pesticides dans leurs cultures. Mais ces produits chimiques s’infiltrent à travers le sol et le sable, entraînant des problèmes majeurs, y compris pour l’industrie touristique.

3
© GCCA+/EU 2020. Photos by Diksh Potter

 

« Dans le monde d’aujourd’hui, nous avons besoin d’associer solutions technologiques et naturelles. Je pense qu’il s’agit là d’une approche essentielle pour la survie de la planète et le développement de communautés prospères », explique Sunita Facknath, professeure d’agriculture durable, à la tête du projet visant à transformer Bella Mare en village intelligent face au climat, avec le soutien de l’Alliance mondiale contre le changement climatique Plus (AMCC+), financée par l’UE.

 

1
© GCCA+/EU 2020. Photos by Diksh Potter

C’est ainsi qu’il est désormais possible de cultiver des oignons dans le sable dans les régions côtières de Maurice. Parmi les techniques d’agriculture intelligente face au climat enseignées par le personnel de l’Université de Maurice dans le cadre des formations et du mentorat, on trouve notamment : l’installation d’une couche épaisse de tiges de canne à sucre sur le sol avant l’ensemencement (paillage) ; la plantation de plantes mellifères telles que des soucis, des pétunias ou d’autres plantes qui attirent les abeilles et autres pollinisateurs ; l’utilisation de compost à la place d’engrais et de pesticides naturels (« biopesticides ») à la place des pesticides toxiques habituels. L’utilisation de systèmes simples d’irrigation goutte à goutte, basés sur la gravité, à la place d’asperseurs électriques, permet de réduire les pertes d’eau dans cette région aride souffrant d’un approvisionnement en eau irrégulier. Des réservoirs d’une capacité de 9 000 litres assurent un apport en eau correct sur base journalière.

« Lorsqu’on ajoute une couche de paillis organique ou même de la paille provenant de débris de la saison précédente, les nutriments ne s’infiltrent pas à travers le sable. Grâce à des techniques comme le paillage et le compostage, le sol peut retenir davantage d’eau », affirme le Dr Facknath.

Quinze petits agriculteurs ont été sélectionnés pour participer au programme. Ils ont tous reçu des réservoirs à eau, des pulvérisateurs à biopesticides et des motoculteurs. L’objectif final est de transformer Belle Mare en un village intelligent face au climat, ce qui pourrait contribuer à promouvoir les moyens de subsistance durables, améliorant ainsi la sécurité alimentaire nationale de manière productive, résiliente au changement climatique et respectueuse du climat (réduction des émissions de gaz à effet de serre).

3
© GCCA+/EU 2020. Photos by Diksh Potter

Liens