Équiper aujourd’hui la main-d’œuvre de demain

 

MAdagascar
©Rafalia Henitsoa, Climate Tracker. EU/GCCA+, 2020 Climate Smart Agriculture Programme in Madagascar

À l’approche du cinquième anniversaire de l’adoption de l’accord de Paris, notre (in)action collective face aux enjeux climatiques pourrait bien se solder par une élévation des températures de 3,2 °C (PNUE 2019). Pourtant, de plus en plus d’éléments tendent à prouver que le développement durable et la lutte contre le changement climatique sont mutuellement bénéfiques. Une action ambitieuse en faveur du climat, reposant sur des politiques sociales, environnementales et économiques bien équilibrées, pourrait, d’ici 2030, générer 26 000 milliards de dollars de bénéfices économiques mondiaux, éviter 700 000 décès prématurés dus à la pollution de l’air, créer 65 millions de nouveaux emplois à faibles émissions de carbone, augmenter de 2 800 milliards de dollars les recettes publiques et renforcer la participation des femmes au marché du travail.

 

L’actuelle pandémie de COVID-19 illustre bien à quel point une catastrophe planétaire systémique, comme le changement climatique, peut affecter tous les secteurs de tous les pays et ébranler l’économie mondiale. Mais contrairement aux conséquences de la COVID-19, les pertes d’habitats marins et terrestres et les extinctions de masse dues au changement climatique seront irréversibles.

 

Dans le monde, des millions de jeunes se joignent aux appels en faveur d’un leadership responsable, de solutions sobres en carbone plus résilientes, d’une meilleure éducation et de la responsabilisation des investisseurs. L’attention est déjà en train de se tourner vers ce groupe de 1,31 milliard de jeunes de 5 à 15 ans qui, d’ici 2030, rejoindront le marché du travail mondial – alors probablement en pleine transformation. L’éducation au changement climatique a le pouvoir d’inciter ces jeunes à modifier durablement leur comportement, tout en les dotant des compétences culturelles, techniques et numériques essentielles pour s’épanouir dans un monde où le climat aura changé. Sans ce savoir-faire, le développement durable demeurera une utopie.

 

Au Cambodge, la Cambodia Climate Change Alliance, soutenue par l’AMCC+, intègre l’éducation au climat dans les programmes des écoles secondaires. La moitié des 16,7 millions d’habitants du Cambodge a moins de 22 ans et 3 millions d’enfants et adolescents entreront sur le marché du travail dans les dix prochaines années. À partir de cette année, 500 000 élèves de la 10e à la 12e année suivront des cours sur le changement climatique, le profil de vulnérabilité de leur pays et les politiques, mesures et technologies pouvant servir à renforcer la résilience et réduire les émissions.

 

Cambodia
©EU/GCCA+, The Eco-School in Cambodia

 

L’approche s’appuie en partie sur un projet pilote d’éco-école, grâce auquel plus de 7 000 jeunes et responsables de l’enseignement se sont intéressés à des questions environnementales et liées au changement climatique. Les élèves et les enseignants ont participé à des projets de renforcement de la résilience (par ex. plantation d’arbres et pratique de l’agriculture intelligente face au climat) et se sont penchés sur l’économie circulaire. Ce genre d’approche pratique pourrait être adoptée dans de nombreux pays en vue de contribuer au développement des compétences essentielles pour la main-d’œuvre de demain.

 

S’ils bénéficient d’une éducation adéquate et s’engagent en faveur du climat, les jeunes d’aujourd’hui feront augmenter la demande pour des solutions sobres en carbone plus résilientes et orienteront en ce sens les décisions d’investissement des secteurs privé et public. De la volonté politique, c’est tout ce qu’il faut pour exploiter le potentiel de la prochaine génération en vue d’une transition vers une économie plus résiliente et à faibles émissions de carbone.