Éthiopie : bénéfices à long terme pour les versants de Gonji Kololah

 

Avant le lancement du projet de l’AMCC, le micro-bassin hydrographique de Gonji Kololah, dans le district (woreda) de Banja était gravement dégradé. Les prairies étaient surpâturées et dénudées, avec de profonds ravins causés par l’érosion du sol, de sorte que le bétail ne pouvait pas les traverser. Pour la communauté de 299 ménages (~ 1 120 personnes), principalement des éleveurs de bétail, la dégradation du micro-bassin hydrographique et des terres environnantes était une catastrophe économique. Les femmes devaient marcher jusqu’à 15 km pour aller chercher de l’eau, et la cuisine était faite au bois, ce qui avait des effets néfastes sur la respiration. La communauté était trop pauvre pour envoyer les enfants à l’école ou acheter des vêtements et vivait au gré des saisons. Une grande partie de la couche supérieure du sol avait disparu, laissant la roche basaltique située en dessous exposée.

 

 

Desert

 

 

L’AMCC a soutenu la restauration des versants de Gonji Kololah en fournissant des intrants et des formations à la communauté, qui lui ont permis de :

 

 

  • Enrichir les forêts au sommet de la colline, qui abritent désormais une végétation dense composée d’arbres de 10 à 15 mètres ;
  • Réaliser du compost à base de micro-organismes – une pratique toujours d’actualité aujourd’hui ;
  • Développer des structures biophysiques recouvertes de fourrage et d’arbustes pour arrêter le ruissellement en cas de pluie et empêcher le vent d’emporter les sols – ces structures ont été préservées ;
  • Planter diverses espèces d’arbres au sommet de la colline : Acacia saligna, Acacia decurrens, Grevilia robusta, Cordia africana et Cypressus lusitanica. Les arbres sont bien évidemment plantés à différents stades de maturité (de jeunes pousses à des arbres plus matures de 3 à 5 mètres) à travers la région, y compris dans les ravins, où la végétation d’arbres matures est tellement dense qu’il est impossible de les traverser ;
  • Enfermer les animaux dans des enclos pour permettre aux pâturages de se restaurer.
Ethiopia

 

Des microclimats sont apparus. Les taureaux nourris à l’herbe élevés dans ce village sont généralement vendus 50 % plus cher que le prix moyen du marché. Les pompes à eau installées par le projet sont toujours utilisées et ont amélioré la vie des femmes, qui ne doivent plus marcher des kilomètres. Les cuisinières à faible consommation fournies par le projet sont elles aussi toujours utilisées. Elles ont réduit la quantité de fumée dans les maisons, ainsi que la corvée de ramassage du bois. Les villageois produisent également des volailles et des poulets, et des œufs sont au menu. Les cultures ont été diversifiées pour inclure des arbres fruitiers, tandis que les rendements se sont améliorés dans tous les domaines.

 

Mais l’impact le plus notable est que tous les enfants du village sont désormais scolarisés dans une nouvelle école, dont la construction a été en partie soutenue par le WWF. Au moyen d’un fonds renouvelable, les villageois s’aident mutuellement à réaliser des achats essentiels, comme un moulin à farine communautaire. Grâce à ces avancées, ils ont désormais de nouveaux rêves pour l’avenir : investir dans une grande pompe d’irrigation, ainsi que dans un tracteur pour labourer la terre. Des rêves qui étaient encore hors de portée il y a à peine une dizaine d’années.