La vision à long terme du Rwanda pour une croissance verte

Dans bon nombre de pays en développement, les mesures en matière de changement climatique et de durabilité sont considérées comme des compléments superflus ou inabordables au regard de la recherche de résultats immédiats dans les domaines de la réduction de la pauvreté, de l’amélioration du niveau de vie et de la croissance économique. Ainsi, à cause des contraintes pesant sur les finances publiques et d’une connaissance limitée des opportunités offertes par une croissance verte et résiliente au changement climatique, certaines administrations continuent à rechercher un développement fondé sur les sources d’énergie à combustible fossile, polluantes et rendues artificiellement peu coûteuses, et sur la surexploitation des terres et des autres ressources naturelles.

 

Rwanda

 

L’approche du développement qui a été adoptée par le Rwanda et intégrée dans sa CDN se fonde sur une vision à long terme qui attache de l’importance à la santé et à la productivité des terres et des écosystèmes naturels. Depuis 2011, sa Stratégie de croissance verte et de résilience au changement climatique, un document exhaustif, a aidé à organiser et à identifier les liens entre adaptation et atténuation entre les divers secteurs. Fondée sur les politiques existantes et les enseignements tirés, la CDN initiale du Rwanda est un bon exemple de la manière dont un gouvernement peut intégrer le changement climatique et la durabilité dans son programme de développement national dans le but de réduire la pauvreté et d’améliorer les moyens de subsistance, de protéger les ressources naturelles et les écosystèmes ainsi que développer l’économie. La récente visite de Cotonou à Kigali visant à partager une approche locale du changement climatique, organisée par l’UE AMCC+, a montré l’intérêt suscité par l’approche rwandaise.

 

Team

 

La CDN indique que le Rwanda est densément peuplé, très vulnérable au changement climatique et fortement dépendant des cultures pluviales, à la fois pour ses moyens de subsistance et pour les exportations, essentiellement de thé et de café. En toute logique, le renforcement de la résilience dans les secteurs de l’affectation des terres et de la gestion de l’eau est traité en priorité. De plus, ces deux secteurs sont considérés comme faisant partie intégrante de l’objectif de mise en place de la sécurité énergétique et d’un approvisionnement en énergie à faible intensité de carbone, en appui au développement d’une industrie verte et d’un secteur touristique durable.

 

Le Rwanda a utilisé des analyses de données approfondies afin d’estimer son potentiel en termes d’atténuation et de quantifier ses contributions conditionnelles et inconditionnelles à l’atténuation dans sa première CDN. En 2020, le pays figurait parmi les premiers à soumettre une version actualisée de la CDN qui répond à ces objectifs en donnant le détail des entités de mise en œuvre, des calendriers, des financements requis, des interconnexions et des synergies entre les différents secteurs et composantes. Pour le secteur des transports, par exemple, le Rwanda vise l’atténuation en réduisant les émissions par des incitations fiscales, la mise au rebut des véhicules vétustes et, en même temps, en collaborant avec les réseaux d’autobus et en faisant la promotion du programme de véhicules électriques en parallèle à une approche climatiquement résiliente des infrastructures routières.

 

Étant donné qu’ils tirent parti des possibilités offertes par l’intégration du changement climatique, la CDN du Rwanda peut être interprétée comme un plan de développement vert. De plus, le gouvernement a rendu prioritaire l’établissement de moyens plus efficaces pour mesurer, rapporter et contrôler les efforts qu’il accomplit pour combler les écarts au niveau des mesures et des ressources financières. Le Rwanda veut progresser rapidement, en étudiant comment atteindre ses objectifs conditionnels à l’aide d’un mélange adéquat et d’une utilisation efficace des financements climatiques, des nouveaux mécanismes de marché et de l’appui des donateurs internationaux.