Le financement mixte soutient les investissements privés dans l’infrastructure durable

 

Des infrastructures économiques et sociales bien conçues (par ex. liaisons de transport, approvisionnement en énergie et services publics, écoles et hôpitaux) sont les fondements de la productivité économique et du bien-être environnemental.

Dans les pays émergents et en développement, la demande de meilleures infrastructures de transport et de production d’énergie est considérable, car elles permettraient d’améliorer le niveau de vie. Dans les économies avancées, il est urgent de remplacer les infrastructures à forte intensité de carbone ou de moderniser les actifs vieillissants en tenant compte des nouvelles technologies. Les investissements dans les infrastructures durent des dizaines d’années.

 

Letuce

 

Réalisés correctement, ces investissements clés pourraient accélérer la transition vers des sociétés à faible intensité de carbone et résilientes au changement climatique, nous permettant ainsi de couper court à des années de pollution et de technologies inefcaces. Dans le cas contraire, les émissions pourraient stagner pendant des dizaines d’années et nous pourrions nous retrouver avec des actifs irrécupérables, coûtant des centaines de milliards de dollars, par exemple à la suite d’investissements déjà réalisés dans le pétrole, le gaz, le charbon et autres combustibles fossiles.

En 2017, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a estimé que, pour la période 2016–2030, 6 900 milliards de dollars seraient nécessaires annuellement pour adapter les infrastructures conformément aux objectifs de l’accord de Paris et du Programme de développement durable. Le décit estimé s’élève à environ 3 000 milliards de dollars chaque année, une somme hors de portée pour la plupart des acteurs publics.

Le nancement mixte consiste à mobiliser des investisseurs privés pour aider à combler le déficit de financement. Il utilise, de manière stratégique, des financements publics et philanthropiques en faveur du développement pour réduire le risque encouru par les acteurs privés – dont les actions peuvent soutenir la création d’emplois et réduire les conflits et l’instabilité. Le capital de développement est soit versé dans des fonds qui sont aussi alimentés par des financements commerciaux, soit fourni directement via des instruments tels que les assurances défaut de paiement et les garanties de prêt. D’après les spécialistes du financement mixte, cette méthode permet de mobiliser jusqu’à 12 dollars de financement privé pour chaque dollar de subvention.

En 2017, l’Union européenne a lancé le plan d'investissement extérieur (PIE), une initiative phare visant à mobiliser des investissements privés au moyen de prêts et de garanties et à fournir ainsi que des financements mixtes, y compris en Afrique. Au titre du PIE, 4,6 milliards d’euros devraient permettre de mobiliser 44 milliards d’investissements durables d’ici la fin 2020. En plus de soutenir l’énergie renouvelable et les infrastructures urbaines via le Fonds européen pour le développement durable, le PIE entend aussi encourager les petites et moyennes entreprises, la numérisation et les initiatives agricoles.

Parmi les autres initiatives de financement mixte, on trouve des plateformes telles que le Sustainable Development Investment Partnership et le réseau Convergence.

À l’ère post-COVID-19, les gouvernements ont la possibilité d’axer leurs plans de relance sur les infrastructures vertes. Pour ce faire, ils s’appuieront sans doute sur les enseignements tirés d’approches mixtes visant à mobiliser des pools d’investissement encore plus importants, comme le marché mondial des investisseurs institutionnels, à hauteur de  89 000 milliards de dollars.