Les Serres du Sud de l'île Maurice

 

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© GCCA+/EU 2020. Photo taken by Diksh Potter. (May 21st, 2020)

Un matin froid et brumeux, au sud de Maurice. Les Serres du Sud se trouvent au centre de l’Union Sugar Estate, entourées d’un champ paisible de cannes à sucre vertes. Elles se composent d’un peu moins d’un hectare de serres et d’environ deux hectares et demi de terres sur lesquelles sont cultivés des poivrons, des laitues, des tomates, des butternuts et bien d’autres fruits et légumes.

À six heures précises, Armand, le responsable des opérations, qui supervise 35 ouvriers (dont 23 femmes), est déjà en train d’accueillir le personnel et de commencer les activités de la journée. Kareen, la consultante interne qui soutient le projet de diversification « Smart Agriculture », le rejoint peu après.

 

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© GCCA+/EU 2020. Photo taken by Diksh Potter. (May 21st, 2020)

Quelques minutes plus tard, le soleil se lève, accompagné de quelques gouttes de pluie, et la journée débute. Deux agriculteurs arrosent les champs, avant qu’un plus grand groupe ne se mette à creuser des trous dans le sol pour les jeunes plants de laitues. Une fois cette tâche accomplie, ils se répartissent dans différents champs et serres, où ils observent les plantes et s’occupent du désherbage.

 

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© GCCA+/EU 2020. Photo taken by Diksh Potter. (May 21st, 2020)

Geeta, l’une des ouvrières agricoles, nous accompagne à travers les champs. « Je travaille ici depuis plus de 12 ans maintenant, et rien ne me rend plus heureuse que le moment où je peux toucher de mes doigts les fruits des plantes, dont nous prenons soin chaque jour. » Geeta est l’une des 23 femmes formées et employées par le projet, qui occupe 35 personnes, dont 65 % de femmes.

 

 

 

Dans les serres, des poivrons jaunes et rouges, des tomates et des butternuts poussent sereinement grâce aux bons soins des ouvriers attentionnés. Chaque jour, ils finissent leur travail à 13 h et rentrent chez eux après une dure journée de labeur. En raison du climat insulaire et tropical de Maurice, la production de légumes ainsi que la lutte contre les nuisibles et les maladies sont complexes, ce qui entraîne un usage excessif des pesticides. Une situation encore aggravée par les effets observés du changement climatique, tels que l’accélération du développement et de la propagation des nuisibles et vecteurs de maladie, ainsi que la diminution de l’humidité des sols. Pour relever ces défis, la chambre d’agriculture de Maurice, en collaboration avec le Food and Agricultural Research Extension Institute, a lancé le projet « Gender Empowerment and Climate Smart Agriculture ». Celui-ci est financé, entre autres, par l’Alliance mondiale contre le changement climatique (AMCC+), une initiative de l’Union européenne (UE).

 

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© GCCA+/EU 2020. Photo taken by Diksh Potter. (May 21st, 2020)

 

À travers une approche structurée et collective incluant les femmes, ce projet entend repenser les systèmes de culture des producteurs agricoles grâce à un processus par étapes, ainsi qu’améliorer le bien-être économique des agricultrices de la communauté. Le projet part du principe que la transition des systèmes agricoles actuels vers des systèmes agroécologiques augmentera la résilience de l’agriculture face au changement climatique – une hypothèse partagée par les experts scientifiques. Ces changements permettront aussi, à long terme, d’atténuer les impacts négatifs du changement climatique sur l’environnement, tout en soutenant le développement économique des femmes dans la communauté. La transition agroécologique devrait aussi contribuer à diminuer l’utilisation de pesticides dans les cultures, réduisant ainsi les risques sanitaires liés à la pulvérisation de ces produits et à la consommation des légumes traités de la sorte.

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