Malawi : des fermes-écoles donnent aux agriculteurs les moyens de lutter contre le changement climatique

Une ferme-école accueille habituellement entre 25 et 30 agriculteurs. L’approche, qui repose principalement sur l’apprentissage par la pratique, met l’accent sur l’innovation mais aussi sur les connaissances autochtones. 

Enelesi et Maria John ont appris les principes de la culture intercalaire et cultivent sur la même parcelle du maïs, du gombo et des tomates. C’est à la Phalombe Farm Field School, au Malawi, qu’ils sont formés aux pratiques agricoles destinées à améliorer la résilience aux effets du changement climatique. Des groupes d’agriculteurs locaux cultivent tous ensemble sur les parcelles d’apprentissage des fermes-écoles où des formateurs, comme Beatrice Kapone, leur expliquent les principes de l’irrigation solaire et ses avantages pour la gestion des terres. malawi

Phalombe est l’un des quatre districts (avec ceux de Zomba, de Neno et de Blantyre) où l'Alliance mondiale contre le changement climatique Plus (AMCC+), financée par l’UE, soutient des pratiques permettant d’améliorer la résilience des communautés, comme celle qui consiste à rediriger l’eau vers les terres cultivées, déjà adoptée par la ferme-école de Tikondane. 

Le Malawi est l'un des pays d’Afrique subsaharienne les plus vulnérables aux effets du changement climatique. Selon un rapport de la FAO publié en 2014, ce pays, dont la moitié des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, est principalement exposé aux inondations, aux vagues de sécheresse, aux tempêtes et aux averses de grêle. 

Des solutions locales à des problèmes planétaires 
Les fermes-écoles mettent en œuvre une approche participative et viennent compléter et renforcer les services traditionnels de conseil agricole. Elles aident en particulier les petits agriculteurs à acquérir de nouvelles compétences et de nouveaux savoirs pour améliorer leur résilience au changement climatique. Les agriculteurs apprennent à analyser les problèmes qu’ils rencontrent et à prendre des décisions appropriées pour adapter leurs pratiques en fonction du contexte et des conditions locales. 

Les fermes-écoles accueillent habituellement entre vingt-cinq et trente agriculteurs. L’approche, qui repose principalement sur l’apprentissage par la pratique, met l’accent sur les innovations et les connaissances indigènes. L’analyse et la compréhension de l’écosystème agricole local – par le biais de l’analyse régulière de cet agro-écosystème –, associées à l’utilisation des capacités locales existantes, leur permettent ensuite de prendre des décisions agricoles bien documentées. Vu la diversité des communautés et des villages du Malawi, la vulnérabilité et la sensibilité aux impacts du changement climatique varient d’une communauté et d’un village à l’autre. Il convient donc d’adopter une approche de formation globale et évolutive, l’objectif étant de donner aux communautés vulnérables les moyens de gérer et d’utiliser de manière durable les ressources naturelles tout en encourageant la diversification. 
 
L'économie du Malawi est largement tributaire de ses ressources naturelles. L’agriculture pluviale, sensible au climat, est à la base de l’économie essentiellement agricole du pays. Le secteur agricole représente en effet 30 à 40 % du PIB et occupe 85 % de la main-d'œuvre du pays. De plus, 90 % de la population pratique l’ agriculture de subsistance.

L’AMCC au Malawi 

Le programme de l'AMCC au Malawi a démarré en 2015. Il s’inscrit dans le cadre d’une action de l’AMCC mise en œuvre par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture en partenariat avec Total LandCare, l'Evangelical Association of Malawi et le gouvernement du Malawi. Les pratiques qui renforcent la résilience des communautés agricoles sont enseignées dans quatre districts : Zomba, Neno, Phalombe et Blantyre.

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