Mauritanie : faire face à l’avancée du Sahara

Ce qui saute immédiatement aux yeux lorsqu’on atterrit à Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, c’est le sable. Le sable est omniprésent : on aperçoit depuis l’avion la longue bande désertique qui complique la vie quotidienne et l’activité économique. Phénomène à la fois mystérieux et fascinant, l’avancée du désert a englouti des maisons, détruisant aussi l’élevage et des moyens de subsistance dans tout le pays. Des décennies de sécheresse grave et persistante ont détruit la végétation qui fixe les dunes de sable ; celui-ci s’est envolé pour engloutir champs et maisons. Trois quarts du territoire mauritanien fait à présent partie du désert saharien, le dernier quart se situant dans le Sahel.

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Les Mauritaniens sont pris au piège du cercle vicieux de la pauvreté et de la désertification, les terribles sécheresses les ayant contraints à abattre des forêts pour trouver de nouvelles terres de pâturage. L’élevage accélère encore la dégradation des terres, entraînant selon les estimations des Nations unies près de 200 millions de dollars par an de pertes de revenus potentiels et de dépenses en soins de santé. La lutte contre l’avancée du désert exige d’agir sur deux fronts. Le premier est celui de la prévention. Celle-ci repose sur la gestion durable des forêts, des terres de parcours et des ressources naturelles. Il faut ensuite réhabiliter et restaurer les forêts et les oasis, en empêchant le sable de recouvrir les terres dégradées et en reboisant.

Le gouvernement a intégré ces deux volets dans une série de stratégies nationales de développement durable et dans quatre plans d’action pour le projet de Ceinture verte de Nouakchott : des projets de stabilisation du sable, des projets de lutte contre l’ensablement et des projets agricoles, ainsi que des projets de développement des oasis. Reconnaissant le rôle qui est le sien dans la mise en œuvre de l’initiative continentale de la Grande muraille verte, la Mauritanie envisage d’aménager des jardins botaniques dans la capitale Nouakchott, de sélectionner des espèces adaptables pour la GMV et d’améliorer les conditions de vie des habitants.

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En 2014, l’UE AMCC+ a commencé à mettre en œuvre un projet visant à améliorer la résilience des populations vulnérables au changement climatique en développant des services en lien direct avec le climat qui ont permis de renforcer et d’améliorer la capacité d’adaptation. En 2018, à la fin du projet, plus de 200 agriculteurs et éleveurs (la moitié étant des femmes) avaient suivi une formation axée sur l’adaptation à un climat toujours plus variable – par exemple à l’aide d’un calendrier des cultures. Six stations agrométéorologiques et 500 pluviomètres ont été installés pour faciliter la collecte de données plus précises sur le climat et leur prise en compte, en vue d’améliorer les pratiques agricoles. La deuxième phase du projet de l’AMCC+ renforcera encore la résilience en rapprochant les volets d’action « changement climatique », « agriculture » et « vulnérabilité des communautés locales ». Des interventions locales s’aligneront sur les priorités des contributions déterminées au niveau national afin d’endiguer l’avancée inexorable du tout puissant Sahara.

 

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