Mozambique : l’augmentation du financement public de l’action climatique requiert davantage de suivi

 

En 2019, le Mozambique a été durement frappé par deux cyclones. Le Programme des Nations unies pour le développement évalue les pertes économiques annuelles dues à la dégradation environnementale et à l’utilisation inefficace des ressources naturelles à 17 % du produit intérieur brut (PIB) (Poverty Environment Initiative). Les premières victimes sont les groupes vulnérables qui dépendent directement des ressources naturelles (cultures, poisson, forêt, etc.) pour leur subsistance.

Mozambique

 

Alors que l’exposition du Mozambique aux phénomènes climatiques extrêmes continue d’augmenter, il est de plus en plus urgent de développer sa résilience à ce genre de chocs. L’impact du changement climatique se fait sentir à travers tous les secteurs traditionnels, tels que l’agriculture, l’énergie et le transport, qui sont généralement organisés par le gouvernement.

L’intégration des questions climatiques dans l’action publique implique dès lors de travailler avec des outils communs à tous les secteurs. Ceux-ci pourraient notamment être utilisés dans le cadre des processus de planification, programmation et budgétisation réalisés chaque année par ces secteurs.

Au Mozambique, depuis 2016, les ministères de tutelle utilisent une approche programmatique. Depuis lors, dans chaque secteur, des institutions habilitées peuvent attribuer un « indicateur climatique » à leurs lignes budgétaires. Elles peuvent ainsi mettre en avant et suivre les investissements en faveur des objectifs climatiques nationaux et se rapprocher des ambitions de la Stratégie nationale d’adaptation au changement climatique et d’atténuation de celui-ci, à concrétiser à l’horizon 2025, grâce à des instruments locaux et nationaux permettant d’intégrer l’adaptation au changement climatique dans toutes les politiques, stratégies et plans.

Les deux principaux programmes qui orientent la politique de développement sont le Plan quinquennal du gouvernement (2020–2024) et la Stratégie nationale de développement (2015-2035). Au niveau local, 71 % des districts du pays ont élaboré des plans locaux d’adaptation et 34 % des municipalités ont adopté des plans de résilience urbaine ou d’adaptation au changement climatique.

Le principal obstacle à la mise en œuvre de la contribution déterminée au niveau national (CDN) du Mozambique est le manque de financement et de ressources.

Une autre fonction du suivi du financement climatique consiste à faire le lien entre les promesses initialement faites lors de la préparation du budget et les montants réellement alloués, tels que communiqués à la fin de l’exercice annuel. Cela permet d’en savoir plus sur les dépenses climatiques et l’efficacité des différents secteurs en la matière.

Cependant, pour capitaliser réellement sur les enseignements tirés, identifier les déficits d’investissement au niveau sectoriel et élaborer des budgets plus favorables au climat lors des prochains exercices, cette analyse devrait aussi tenir compte des progrès du Mozambique en matière d’adaptation et d’atténuation. C’est le rôle du Système national de suivi et d’évaluation du changement climatique, fondé en 2014. Celui-ci doit encore être renforcé en vue d’établir des budgets sectoriels tenant compte de la dimension climatique et basés sur les résultats, ainsi que de consolider les nombreux efforts passés et en cours en faveur du climat.