Mozambique : l’équilibre fragile entre image touristique et aléas climatiques

Dans le sud-est de l’Afrique, le Mozambique déploie ses charmes sur 2 500 km de côtes constellées de plages sauvages, avec une alternance de lagons, de récifs coralliens et de petites îles. Le parc national de Gorongosa est considéré comme l’une des destinations phares du tourisme ornithologique de la région. Le National Geographic lui a d’ailleurs consacré un documentaire primé : Africa’s Lost Eden. Mais le Mozambique est aussi le pays le plus exposé aux risques d’origine climatique selon l’indice CRI, calculé à partir des données des 20 dernières années.

Ponte Mozambique

 

En 2019, avant la pandémie de COVID-19, le tourisme contribuait à concurrence de 8,2 % au PIB national. Le Mozambique profite d’un équilibre fragile pour tenter de rebâtir sa réputation de destination touristique. Mais cette réputation risque à tout moment d’être érodée par le changement climatique et la très forte vulnérabilité du pays aux événements météorologiques extrêmes. Lors de la seule année 2019, ces phénomènes extrêmes ont amputé le PIB de 12,6 % et infligé au Mozambique 4,9 milliards de dollars de pertes en termes monétaires. Cette vulnérabilité est liée à la situation géographique du pays, à l’étendue de son littoral bordant l’océan Indien et au fait qu’il soit situé en aval de neuf grands bassins fluviaux. La sécheresse et les inondations sont les deux faces d’un même problème : l’exposition extrême du Mozambique au changement climatique, ainsi qu’aux vagues de chaleur et aux cyclones.

Comme l’indique le Programme d’action national d’adaptation du Mozambique, il y a lieu de développer les connaissances pour concevoir des mesures d’adaptation appropriées et adaptées aux différents utilisateurs pour réduire les risques climatiques, en termes de vies humaines, et pour atténuer la pauvreté. À cette fin, le gouvernement collabore avec des bailleurs de fonds internationaux pour réduire les risques d’inondation dans les grandes villes, grâce à de nouveaux programmes d’infrastructure.

« Renforcement de la résilience climatique locale au Mozambique », un projet financé par l’UE AMCC+ s’emploie à réduire la vulnérabilité induite par le climat au niveau local/des districts en soutenant la mise en œuvre d’actions concrètes issues des plans d’adaptation locaux (PAL). Ces mesures sont toutefois insuffisantes. La fréquence et l’ampleur des événements climatiques extrêmes sont de plus en plus préoccupantes. L’isolement et les restrictions imposés par la crise du COVID-19 ont mis les communautés locales face à une situation extrêmement difficile et ont encore aggravé leur vulnérabilité, d’autant qu’elles ont ensuite été touchées de plein fouet par cyclones Chalane et Eloïse en 2021. L’UNICEF a ainsi estimé à plus de 176 000 le nombre d’habitants du centre du Mozambique gravement touchés par Eloïse et nécessitant une aide humanitaire au lendemain du passage de ce cyclone. La communauté internationale et les bailleurs de fonds doivent donc continuer à apporter un soutien rapide, robuste et durable au gouvernement et aux communautés locales du Mozambique. Les acteurs locaux, régionaux et nationaux doivent comprendre, favoriser et faciliter des solutions axées sur le climat, adaptées à la situation spécifique du Mozambique et visant à améliorer les moyens d’existence, à garantir la sécurité alimentaire et à créer des emplois.