Nigeria : programmes de gestion des déchets et marchés internationaux du carbone

Le Nigeria est le premier pays africain en termes de population et de PIB, le deuxième plus gros émetteur de GES en Afrique après l’Afrique du Sud, et figure parmi les 20 pays les plus vulnérables aux risques liés au changement climatique. Dans sa CDN, le Nigeria s’est engagé de façon inconditionnelle à réduire ses émissions de 20 % d’ici 2030 ou de 45 % s’il y est aidé.

En explorant les rapports qu’il y a entre les objectifs de la CDN du Nigeria et la nature du travail appuyé par l’UE AMCC+, l’on obtient un bon exemple de la manière dont les CDN fixent des objectifs globaux et servent de « garde-fou » pour permettre aux activités ultérieures d’atteindre ces objectifs. En 2020, et avec le soutien de l’UE AMCC+, le gouvernement nigérian a mis en place son Programme de réponse au changement climatique (NCCRP). L’objectif du NCCRP est d’identifier les mesures susceptibles de réduire la consommation d’énergie et d’améliorer l’efficacité énergétique, de diminuer les coûts énergétiques et de faciliter la transition vers les énergies renouvelables.

 

Nigeria

 

Comme nous l’avons expliqué dans l’édition n° 3 de ce magazine, « L'impact de l'atténuation », la gestion des déchets est un problème croissant pour le Nigeria, qui considère comme une priorité l’ouverture de nouvelles sources d’investissement pour améliorer ce secteur. Dans cet esprit, le NCCRP est assorti du pouvoir : (1) de soutenir de solides actions institutionnelles et sectorielles en matière de mesure, de rapportage et de vérification des émissions provenant des secteurs de l’énergie et des déchets ; (2) d’établir une base de référence pour la production de déchets ; (3) d’appuyer la réduction des déchets en identifiant les meilleures pratiques de gestion des déchets ; et (4) d’améliorer la compréhension par un vaste éventail de parties prenantes des possibilités qui existent de mener une action climatique efficace.

En 2020, le gouvernement a sollicité l’appui de l’UE AMCC+ pour étendre les termes de référence du NCCRP et leur permettre ainsi d’intégrer les nouvelles approches consacrées par l’Accord de Paris, ce qui pourra aider le Nigeria à atteindre l’objectif conditionnel de 45 % fixé dans sa CDN. Plus précisément, le pays entend utiliser des approches coopératives internationales fondées sur le marché – ou les marchés du carbone – pour faciliter l’accès à la finance carbone en produisant des résultats d'atténuation transférés au niveau international (ITMO) à travers des programmes de déchets pouvant être vendus sur les marchés  internationaux du carbone.

Pour être pris en compte dans la réduction des émissions fixée par les CDN, les ITMO doivent être exprimés en unités de carbone fiables et crédibles. Leur production doit respecter pour l’essentiel les processus précis et transparents de mesure, rapportage et vérification (MRV) soutenus par le NCCRP. En même temps, à travers certains des programmes de renforcement des capacités du NCCRP conçus pour les parties prenantes publiques et privées, les ITMO ont pour but d’élargir le spectre des nouvelles opportunités commerciales de la gestion des déchets afin de contribuer à l’atteinte des objectifs fixés par l’Accord de Paris. Enfin, au fur et à mesure du renforcement des capacités, les données collectées grâce aux processus de MRV et les enseignements tirés pourraient aussi servir à documenter des mesures d’intensification dans le secteur des déchets ou à soutenir le développement d’autres activités dans d’autres secteurs.