Pourquoi les CDN sont-elles si importantes ?

 

Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles les contributions déterminées au niveau national (CDN) sont importantes. Commençons toutefois par un bref historique.

 

Avant l’Accord de Paris (2015), seuls 38 pays développés avaient l’obligation de réduire leurs émissions selon des valeurs cibles fixées par accord multilatéral. Ces pays étaient ainsi légalement tenus d’accomplir « tout le nécessaire » pour atteindre les valeurs cibles sur une période d’engagement prédéfinie. Cette approche a fondamentalement échoué lorsqu’il est apparu que, au moment où ils étaient censés rendre des comptes, ces pays ont pu tout bonnement se dédire de leurs engagements d’atténuation, avec pour seule conséquence de perdre la face.

 

NDC

 

 

Six raisons pour lesquelles les CDN sont si importantes :

 

En premier lieu, les CDN ne sont plus des objectifs imposés par des instances supérieures mais des promesses, déterminées au niveau local, d’agir sur la base de l’évaluation que le pays a faite lui-même de ses propres circonstances et priorités.

 

Deuxièmement, les CDN facilitent des actions climatiques appropriées pour tous les pays. Ce système universel de soumission est en effet une caractéristique de l’Accord de Paris.

 

Troisièmement, comme les informations étayant l’autoévaluation sont contenues dans les CDN, celles-ci offrent un aperçu transparent des circonstances nationales à un moment précis. Il s’agit d’informations sur les caractéristiques physiques et géographiques, la conjoncture économique, la contribution aux émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) et la capacité de séquestration de ces gaz, et la vulnérabilité aux effets du changement climatique.

 

Quatrièmement, puisque les CDN encouragent les pays à étudier leur potentiel en termes d’atténuation, elles indiquent ce qu’ils feront, comment ils le feront, dans quel délai et avec quelle assistance (si nécessaire). Les CDN deviennent donc de véritables plans pour l’action climatique. De plus, elles offrent l’avantage de la flexibilité, car les pays peuvent choisir les politiques, programmes et outils financiers qu’ils utiliseront pour atteindre leurs objectifs.

 

Cinquièmement, les effets prévus des CDN peuvent être regroupés en données agrégées, ce qui permet de voir où en est le monde par rapport aux objectifs climatiques et d’améliorer la compréhension scientifique de la progression du réchauffement planétaire et de ses effets sur le système climatique mondial.

 

Sixièmement, les CDN sont des chantiers permanents. Elles doivent être actualisées tous les cinq ans au moyen de données scientifiques plus pointues, des changements de circonstances et des mesures croissantes d’appui politique en faveur d’une action climatique plus résolue et plus ambitieuse.

 

Aux termes des premières CDN soumises en 2015, les pays ont tablé sur une hausse des températures mondiales de 3,4 °C, une valeur bien supérieure à l’objectif de 2 °C convenu à Paris. Des preuves cumulatives soulignent la fréquence et la gravité croissantes des effets du changement climatique partout dans le monde. De plus, en 2018, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a clairement fait savoir que même un réchauffement planétaire de 1,5 °C – soit l’objectif indicatif prôné par l’UE et la majorité des partenaires de l’UE AMCC+ – infligerait des dommages irréversibles à une grande partie des écosystèmes du monde, exposant les personnes et les biens à des risques grandissants.

 

Des partenaires de l’UE AMCC+ comptant parmi les pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique, l’on ne saurait trop insister sur l’importance qu’il y a à finaliser les actualisations des CDN en 2021, des CDN assez ambitieuses pour combler de façon significative les écarts en termes d’émissions. En février 2021, le Secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a publié un rapport de synthèse sur les 48 CDN mettant à jour les engagements de 75 pays (par exemple, l’UE établit une seule CDN globale pour 27 pays), soit 39,5 % des parties. Bien que le processus d’actualisation ne soit pas terminé, il est préoccupant de constater que les pays n’entendent renforcer que d’un modeste 2,7 % leur niveau d’ambition en matière d’atténuation.

 

Cette édition de notre magazine se penche sur les façons dont les partenaires de l’UE AMCC+ tirent parti des possibilités des CDN pour intégrer le changement climatique dans la planification du développement national et pour mettre en commun des ressources  internationales afin de soutenir les priorités nationales avec le soutien de l’UE AMCC+. Nous découvrirons aussi certains défis que les pays ont à relever pour répondre à leurs besoins de soutien, et verrons comment ils surmontent les obstacles afin de traduire les objectifs nationaux en actions à l’échelle locale.