Quoi de neuf pour l’AMCC+ ? Les derniers plans d’action annuels visent à renforcer la résilience, réduire les émissions et restaurer les écosystèmes

Le Burkina Faso, le Cameroun, Cuba, Haïti, le Mali, la Namibie, le Sénégal, le Sri Lanka, le Suriname, le Rwanda, le Tchad et le Timor oriental vont bénéficier de nouveaux programmes de l’AMCC+

S’attaquer aux impacts des climatiseurs, restaurer les marais à mangroves dégradés et renforcer la résilience des agriculteurs de subsistance. Tels sont que quelques-uns des objectifs de la série de nouveaux plans d’action récemment annoncée par l’initiative phare de l’UE contre le changement climatique, l’AMCC+.

Renforcer la résilience des agriculteurs de subsistance est un des objectifs des nouveaux plans d'action

 

La contribution à hauteur de 58,5 millions d’euros en faveur de l’AMCC+ en 2019 bénéficiera aux pays d’Afrique, des Caraïbes et de la région Asie-Pacifique. Cette enveloppe souligne l’engagement de l’UE à aider les nations en développement et les petits États insulaires à réduire leur empreinte carbone et à s’adapter aux conséquences les plus graves du changement climatique.

Le Suriname compte parmi les pays sélectionnés. Déjà bénéficiaire d’un projet d’agriculture intelligente face au climat, il va désormais obtenir de l’aide pour la restauration des forêts de mangrove afin de renforcer la résilience des communautés côtières des districts de Nickerie et de Coronie face à la menace de la hausse du niveau de la mer.

« On signale des diminutions des stocks halieutiques et des intrusions d’eau salée là où les mangroves ont été endommagées par l’activité humaine ou l’érosion naturelle », explique Haidy Malone-Lepelblad, gestionnaire de projet AMCC+ pour le PNUD au Suriname. « Cela a un impact négatif sur la production agricole et menace les infrastructures résidentielles, industrielles et publiques. »

Le Programme d'action annuel (PAA) pour l'environnement et le changement climatique, récemment signé et entré en vigueur, définit quatre priorités :

·       adaptation au changement climatique et atténuation du phénomène, et soutien à la transition vers des sociétés résilientes et à faibles émissions de carbone ;

·       valorisation, protection, renforcement et gestion durable des écosystèmes ;

·       transition vers une économie verte inclusive et généralisation de la durabilité environnementale, de l’atténuation du changement climatique et de la réduction des risques de catastrophe ;

·       gouvernance environnementale et climatique internationale.

« Le PAA est très encourageant – nous combinerons davantage de recherches sur la dynamique côtière avec des connaissances et une sensibilisation locales accrues pour soutenir l’écologie de certaines zones sélectionnées. Grâce à des investissements dans le développement du secteur touristique et des moyens de subsistance flexibles et complémentaires, la population locale profitera davantage de bénéfices sociaux et économiques et renforcera à terme sa résilience au changement climatique », déclare Haidy.

Dans le même temps, en Afrique, le Burkina Faso, le Sénégal, le Mali et le Cameroun bénéficieront d’un projet à hauteur de 5,3 millions d’euros en vue de trouver des solutions à faibles émissions de carbone à un défi de longue date, celui de la climatisation. Dans le Sahel – la région semi-aride qui s’étend de l’océan Atlantique à la mer Rouge –, les températures franchissent souvent la barre des 50 °C pendant les mois les plus chauds. Dans cette région où très peu de personnes ont accès à l’énergie propre, des groupes électrogènes au diesel polluants et inefficaces sont de plus en plus utilisés dans les villes pour alimenter les climatiseurs. D’ici 2040, on s’attend à ce que plus d'1,2 milliard de ménages en Afrique disposent d’un climatiseur.

Le programme multi-pays de l’AMCC+ sur les solutions de climatisation durables entend réduire l’impact du secteur de la climatisation sur le climat et « poser les bases de l’adoption de technologies vertes et à fiables émissions de carbone pour remplacer les vieux appareils inefficaces. Il entend aussi renforcer les capacités à mettre en place des chaînes du froid durables. »  

Comme l'indique le document d'action, « le remplacement des vieux groupes électrogènes au diesel par des solutions basées sur l’énergie propre, notamment solaire » génèrera des bénéfices supplémentaires « dans le domaine de la santé publique. Des groupes électrogènes très inefficaces et polluants sont encore souvent utilisés dans les zones rurales qui n’ont pas encore accès au réseau électrique national ou qui y sont raccordées mais ne peuvent pas compter sur les infrastructures actuelles pour leur approvisionnement en électricité. Les pannes de courant sont encore assez fréquentes. Par conséquent, les agriculteurs utilisent des groupes électrogènes au diesel pour le stockage du froid. »

Les efforts du Rwanda pour réduire les impacts dévastateurs de l’utilisation de charbon et de bois pour la cuisson des aliments seront stimulés par une double approche qui promouvra, d’une part, l’utilisation de fourneaux améliorés et, d’autre part, la cuisson à base de sources d’énergie durables. Le projet s’appuiera sur les initiatives existantes pour « développer les méthodes de cuisson propres et durables au sein de la population rwandaise et réduire la consommation de biomasse pour la cuisine. »

L’amélioration du statut économique des femmes est l’un des objectifs du PAA pour le Timor oriental. Ce programme visera notamment à renforcer la résilience climatique des agriculteurs de subsistance, à encourager la reforestation par des groupes de femmes et à établira « un système de récompense du captage et de la séquestration de carbone internationalement crédible, transparent, durable et participatif ». Ces dernières années, les femmes du Timor oriental ont été particulièrement affectées par le changement climatique et les phénomènes climatiques extrêmes. Elles en subissent généralement un impact disproportionné.

Les autres pays qui bénéficieront du PAA sont Cuba, Haïti, le Tchad, la Namibie et le Sri Lanka. Nous suivrons et rapporterons l’évolution de tous les pays de l’AMCC+ en 2020. Pensez à consulter régulièrement ce site !

LIENS :

Programme d'action annuel 2019 pour l'environnement et le changement climatique

Délégation de l'UE en Trinité et Tobago