Transport : Solutions intelligentes face au climat — défis et pistes

 

En 2018, le secteur des transports était responsable de 24 % des émissions directes de CO2 dans le monde, résultant de la combustion de carburant (Agence internationale de l’énergie — AIE —Rapport 2019). Comment la mobilité évolue-t-elle en Afrique, continent dont la croissance démographique de certaines populations et les taux d’urbanisation sont parmi les plus rapides au monde ? Voit-on émerger et se développer un secteur des transports écologiques dans les paysafricains ? Et quels sont les facteurs qui encouragent cette transition ? Si certaines approches commencent à porter leurs fruits, les choses évoluent de manière très différente dans les 54 pays d’Afrique.  

 

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L’écologisation du secteur des transports présente bien d’autres avantages que l’atténuation du changement climatique, par exemple l’amélioration de la santé publique et de la sécurité ou les gains de productivité résultant de systèmes de transport plus performants. Forte d’un champ d’action étendu, l’AMCC+ peut offrir un soutien technique aux pays partenaires et les aider ainsi à mettre en place des systèmes de transport écologiques et à prendre des mesures pour réduire considérablement les émissions de GES par unité, alors même que demande de mobilité est en hausse constante.   

Le Rapport spécial 2018 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) asouligné la nécessité de prendre d’urgence des mesures vigoureuses dans ce domaine, et ce pour tous les modes de transport. Certaines villes de l’UE, comme Berlin, Paris, Madrid et Athènes,déploient actuellement diverses solutions pour lutter contre les émissions liées aux transports. Le contexte est toutefois fondamentalement différent en Afrique. Dès lors, comment reproduire et transposer sur ce continent des solutions de transport climato-intelligentes qui ont déjà fait leurs preuves ailleurs. Il ne faut pas oublier les voitures interdites dans l’UE continuent d’y circuler en nombre sur les routes, que l’insécurité routière y est telle que le danger est omniprésent et que de nombreux ménages n’ont pas les moyens d’utiliser les transports publics et n’ont donc d’autre choix que de se déplacer avec de vieux véhicules polluants.  

De nombreuses stratégies pourraient être élaborées dans le future pour promouvoir des villes et des communautés durables sur le plan de l’environnement.

La réduction des émissions de noir de carbone et d’autres particules polluantes et l’amélioration de l’accès de tous les groupes sociaux aux transports sont autant de mesures essentielles qui pourraient véritablement contribuer à la lutte contre la pauvreté et une meilleure qualité de vie.  

Les États africains les plus développés montrent déjà l’exemple. L’Afrique du Sud prend des mesures concrètes comme l’abandon du transport routier des marchandises au profit du transport ferroviaire. Selon le ministère sud-africain des affaires environnementales, cette mesure devrait permettre d’économiser près de 3 000 kt d’équivalent CO2 à l’horizon 2050 (0,66 % du potentiel total d’atténuation). Certaines villes d’Afrique de l’Est ont commencé à envisager comment étendre à toute la région des solutions de transport public durable. Dar es-Salaam, par exemple, a mis en place un excellent système de transport rapide par autobus (bus rapid transit, BTR) auquel environ 200 000 passagers ont recours chaque jour. 

Aux quatre coins du continent, les villes, en particulier, peuvent jouer un rôle moteur en favorisant le passage à des systèmes de transport écologiques. Les pays intéressés sont invités à contacter leur délégation de l’UE pour demander un soutien de l’AMCC+ afin de réduire leurs émissions liées au transport au niveau national et régional.