Une lueur d’espoir en provenance d’Italie : le coronavirus et le climat

 

Par Monica Bonfanti

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Un acronyme composé de cinq lettres est en train de bouleverser la situation sanitaire internationale et l’ordre économique mondial. Le COVID ne fait aucune différence entre les riches et les pauvres, entre les pays développés, en développement ou les moins avancés. Après avoir frappé la Chine, puis la Corée du Sud, l’Iran, l’Italie, l’Espagne et la France, il se propage désormais progressivement au reste du monde. Fin mars, il avait contaminé plus de 450 000 personnes, en avait tué 21 000 autres et continuait à détruire toutes les économies sur son passage.

Cette véritable catastrophe a obligé la population mondiale à modifier ses habitudes et à réduire sa liberté de mouvement individuelle pour que nous puissions lutter ensemble contre ce nouvel ennemi invisible. Le mot d’ordre est désormais : « restez chez vous pour rester en vie ». Une consigne difficile à appliquer mais ô combien nécessaire pour protéger le système local, régional, national et international et avoir quelque chose à transmettre aux générations futures.

En Italie, le nombre de cas actifs de COVID-19 et de décès avait dépassé celui de la Chine à la mi-mars. Face à cette urgence, tout le pays s’est retrouvé à l’arrêt : des écoles aux commerces, en passant par les restaurants et mêmes certaines églises. Le gouvernement a demandé aux entreprises d’adopter des pratiques de travail intelligentes, c’est-à-dire d’avoir recours au télétravail. Mais tous les emplois ne peuvent pas être exercés à domicile, et cette décision aura un impact significatif sur le PIB italien.

Cependant, en dépit de ce scénario dramatique, il y a une lumière au bout du tunnel. L’arrêt du pays qui découle des restrictions de mouvement a un résultat positif. En effet, les efforts des citoyens pour rester chez eux et éviter la propagation du virus, ainsi que le ralentissement industriel qui va de pair entraînent une réduction massive des taux de dioxyde d'azote (NO2) durant le confinement.

D’abord observée en Chine, cette tendance à la baisse a été confirmée en Italie par des observations en surface du service Copernicus de surveillance de l'atmosphère : les taux ont diminué d’environ 10 % par semaine au cours des quatre à cinq dernières semaines. À la station de la Veille de l'atmosphère globale de Monte Cimone, qui domine la plaine du Pô au Nord de l’Italie, les mesures de l’ozone troposphérique s’affichent aussi en baisse en mars 2020, selon les données brutes. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives quant aux répercussions de ces tendances sur les concentrations, à terme, de gaz à effet de serre et sur la crise climatique mondiale en général, mais il s’agit d’un point de départ sur lequel l’action climatique mondiale pourrait s’appuyer.

Nous devons absolument maintenir cette dynamique et montrer toute notre détermination à réduire les émissions de gaz à effet de serre en adaptant certaines des mesures visant à limiter la propagation du COVID-19. Nous pourrions ainsi consolider des changements qui contribuent à la réduction de certaines émissions de GES. Pour éviter que l’arrêt de l’économie ne se traduise par un effondrement financier en Italie et dans d’autres pays affectés par le virus, l’UE pourrait – via l’AMCC+ et d’autres programmes de coopération internationale et régionale, entre autres – aider ces États à amorcer rapidement et intégrer des transitions similaires, qui impliquent plus de télétravail et moins de déplacements, ainsi que des énergies et infrastructures plus propres.

Cette pandémie a aidé les citoyens à comprendre que leurs actions comptent et ont un impact sur le bien-être d’autrui. Avec le soutien adéquat, un drame tel que celui que nous vivons aujourd’hui pourrait marquer le début d’une ère nouvelle, au cours de laquelle les émissions de dioxyde d’azote diminueraient partout dans le monde au même rythme qu’aujourd’hui, démontrant ainsi qu’une approche économique orientée sur l’environnement peut avoir un impact positif sur le climat.

Monica Bonfanti est experte en atténuation de la Facilité d’appui de l’AMCC+

Le contenu de cet article ne reflète pas nécessairement l’opinion officielle de la Commission européenne

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